Voyageurs sur la terre Imprimer Email
Écrit par Mickaël Berreby   

"… reconnaissant qu'ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre " (Hébreux 11:13b).

Dieu est bon

Pourquoi le spectacle de la méchanceté de l’homme nous ferait-il douter de la bonté de Dieu ? Le mal ne vient pas de l’Éternel. Mais le mal est entré dans ce monde pour tester la créature et la laisser libre de choisir la sainteté de l’Éternel. Dieu est bon même quand le mal règne. Il était bon dans l’acte créateur, bon dans le don du libre arbitre, bon dans la révélation de son plan de salut pour l’homme, bon dans le don de son Fils unique, bon dans l’effusion de son merveilleux Esprit, bon dans la résurrection de son Fils.

Dieu est amour. L’homme n’en aurait pas la moindre idée si Dieu ne l’avait d’abord aimé et doté de la capacité d’aimer et d’être aimé au point de rendre l’amour indispensable à la vie. Quand il se révèle, il est amour. Il aurait pu laisser errer l’humanité loin de sa face. Quand il choisit Israël pour lui servir de témoin, Dieu manifeste son immense tendresse à l’homme.

Quand il agit au travers de l’histoire tout en laissant l’homme vivre et décider de son sort, l’invitant encore et encore à la réconciliation, Dieu prouve qu’il veut sauver l’homme. Quand il consigne dans Parole la lumière capable de nous éclairer, de nous guider et de nous corriger, n’est-il pas bon ? Quand il donne à cette lumière le pouvoir de resplendir en offrant à ceux qu’elle éclaire la vie, Dieu est merveilleusement bon. Quand il affirme par son Fils que ceux qui croient vivront quand bien même ils seraient morts, n’est-ce pas la plus belle déclaration d’amour ? Car ceux qui vivront, vivront pour être enfin unis à leur Père céleste pour l’éternité. S’il ne les aimait pas, ces hommes corrompus, pourquoi leur enverrait-il son Esprit ?

S’il ne voulait pas de ces pécheurs, leur donnerait-il la promesse qu’ils ressusciteront un jour pour être en sa présence ?

Puissions-nous voir enfin à quel point Dieu nous aime et nous abandonner dans ses promesses, en lui faisant confiance que tout, absolument tout, concourt au bien de ceux qui l’aiment.

Séparés du monde

Nous inhalons un air pollué et endurons les razzias spirituelles d’un âge mutin. Jacques exhorte à se préserver des souillures. Il met en évidence ce qu’est la religion pure et sans tache devant Dieu. Les souillures étant partout, comment se protéger ?

Selon l’Écriture, ce qui souille l’homme est ce qui sort de l’homme (Matthieu 15:11, Marc 7:20).

Ce qui vient du cœur, c’est ce qui souille l’homme. Ce qui souille l’homme sort de son cœur (Matthieu 15:18). S’il garde son cœur, il est épargné de la souillure. La deuxième réponse est l’incrédulité. L’homme incrédule est souillé par son intelligence et sa conscience. S’il rejette la malice, il s’ouvre à l’innocence et la pureté. S’il refuse la ruse, il reçoit la paix.

Les déceptions nous rendent circonspects. Mais jamais elles ne devraient nous rendre amers et incrédules. Car la désillusion n’a rien à voir avec l’incrédulité. Ne pas placer en l’homme sa confiance et la placer en Dieu est même signe de sagesse. L’homme prudent bâtit sa maison sur le roc. Le Seigneur exige que nous soyons prudents comme des serpents. Il affirme que les enfants de ce siècle sont plus prudents que ses disciples. On peut être prudent et plein de foi en Dieu. Il a choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour qu’ils soient riches dans la foi. Il les a désignés « héritiers du royaume ». Il a adressé cette promesse à ceux qui l’aiment. En se rendant ami du monde, on ne peut pas aimer Dieu. En condamnant ce qui offense sa sainteté, nous sommes amis de Dieu.

« Celui qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu » (Jacques 4:4).

Le monde nous dit que le péché n’est pas à considérer comme tel, que le mal n’est pas si mal que cela, que l’impureté n’a pas de conséquences, qu’il faut accepter les faits sans juger qui que ce soit.

En acceptant de penser comme le monde, nous sommes qualifiés d’un terme effrayant : « adultères ». Pour participer à la nature divine, nous renonçons à ce qui existe dans le monde. Nous fuyons la corruption qui existe par la convoitise. Nous ne négocions pas. Nous fuyons.

Résidents dans l’arche

Dieu n’a pas épargné le monde lors du déluge en raison de la corruption qui avait souillé le cœur de l’homme. C’était son jugement dramatique et irrémédiable. Le salaire du péché, c’est la mort. Noé, le prédicateur de la justice, devait consoler des fatigues et du travail pénible sur la terre que l’Éternel avait maudite. Le prédicateur était aussi un consolateur. Il marchait avec l’Éternel et avait trouvé grâce aux yeux de l’Éternel. Il était un homme juste et intègre. Mais devant le mal, Dieu décida que la fin « de toute chair était arrêtée ». Il ne supportait pas que les hommes aient rempli la terre de « violence ». Parce que Dieu avait trouvé Noé juste devant lui parmi sa génération, il le fit entrer dans l’arche pour échapper aux eaux du déluge. Puis l’Éternel ferma la porte sur Noé.

Ceux qui étaient en dehors de l’arche furent exterminés. Il ne resta que Noé et ceux qui étaient avec lui dans l’arche.

Bâtir un autel

Quand on a été épargné, on se consacre au service du Seigneur qui commence par l’adoration. L’offrande des bêtes pures et des oiseaux purs correspond au don de tout à la gloire de Dieu. Mais avant de présenter notre offrande devant l’autel, il importe d’abord de se réconcilier avec son frère. Si nous venons présenter notre offrande en ayant quelque chose contre quelqu’un, notre offrande devient notre offense. Car l’offrande que nous présentons au Seigneur est avant tout un témoignage de sa grandeur, de sa grâce, de sa sainteté, de son pardon, de son amour, de sa puissance, de sa gloire, de son autorité. L’offrande est un engagement. Si quelqu’un jure par l’offrande, il est engagé, car l’offrande sanctifie l’autel. Pour que l’offrande soit sanctifiée par l’Esprit Saint, celui qui offre doit avoir examiné son propre cœur. S’il bâtit un autel et présente une offrande, il se présente devant Dieu comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur. Il suit l’exemple de Jésus qui a prié : « Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande. Mais tu m’as formé un corps » (Hébreux 10:5).

La demeure provisoire

Paul se demandait qui le délivrerait du corps de cette mort (Romains 7:24). Souvent notre corps nous appesantit, nous opprime et éloigne du Seigneur. C’est un corps de péché. Pour vivre selon l’Esprit, il faut faire mourir les actions du corps sans tuer le corps lui-même.

Paul affirma : « Je traite durement mon corps et je le tiens assujetti… » (1 Corinthiens 9:27). En offrant notre corps comme un sacrifice vivant, nous refusons qu’il soit maître de notre âme et de notre esprit (Romains 8:13). Ceux qui cèdent à tous les caprices de leur corps souffrent de la dictature qu’impose le corps. L’adoption et la rédemption de notre corps n’ont pas eu lieu. Si nous offrons notre corps, il devient l’offrande de tout pour le Seigneur. Nos membres sont alors les membres de Christ (1 Corinthiens 6:15).

Tout ce que nous faisons devient un culte logique. Le temple du Saint-Esprit est rempli de toute la plénitude du Saint-Esprit. Nous ne nous appartenons plus nous-mêmes. Nous étions invités dans l’arche. Notre corps devient l’arche de la plénitude.

Membres de Dieu

Quand le corps abrite l’Esprit, la division entre les membres est impossible. Chacun a soin de l’autre.

Le corps vit dans l’attente de son incorruptibilité. Il se sait corruptible car il a été semé corruptible. Mais il ressuscitera incorruptible car quelque chose d’incorruptible l’habite. Il a été semé animal. Mais il sait qu’il ressuscitera un corps spirituel en raison de la présence de l’Esprit en lui. Il vit dans l’attente du triomphe de l’incorruptible et du spirituel. L’incorruptibilité et l’immortalité sont les évidences de l’éternité. L’évidence du temps est le corruptible et le mortel. Quand on est membre de Dieu, membre du Corps de Christ, on est citoyen de l’éternité. Les notions d’incorruptibilité et d’immortalité dominent l’entendement. En changeant la gloire du Dieu incorruptible, les hommes sont devenus idolâtres. Ceux qui ont été réconciliés avec Dieu veulent obtenir une couronne incorruptible, sachant que la corruption n’hérite pas l’incorruptibilité. Ils attendent le son de la trompette qui sonnera quand les morts ressusciteront incorruptibles (1 Corinthiens 15:52). Ils ont été régénérés par une semence incorruptible, la Parole vivante et permanente de Dieu. Cette Parole pénètre les profondeurs de l’homme et partage âme et esprit, jointures et moelles. Cette semence incorruptible juge les sentiments et les pensées du cœur.

L’irrésistible vision céleste

Quand règne la Parole, on ne considère plus les choses de façon naturelle. On relativise le relatif. Le Père céleste sait ce dont nous avons besoin. C’est vers lui que nous regardons. Nous porterons l’image du céleste comme nous avons porté celle du terrestre. Nous soupirons en nous-mêmes dans cette tente provisoire. Nous revêtirons notre domicile céleste. Tout ce que nous faisons sur cette terre est alors en relation avec le domicile céleste. Nous avons part à la vocation céleste et nous goûtons du don céleste. Nous attendons une cité meilleure dont Dieu est l’architecte. Nous savons que Dieu a préparé une cité. Nous n’avons pas en vue celle dont nous sommes sortis, mais davantage celle que Dieu a préparée pour nous. Nous montrons par notre foi que nous cherchons une patrie.

La montagne de Sion

La symbolique de la montagne de Sion qui représente la cité de Dieu évoque la joie de toute la terre par sa beauté. C’est la ville du grand roi. La Bible en parle comme d’un être vivant qui se réjouit (Psaume 48:12). C’est le lieu de la résidence divine dont il est déclaré que Dieu l’aime (Psaume 78:68). Cet être vivant qui se réjouit et qui se sait aimé ne chancelle pas, car la montagne de Sion est affermie pour toujours. Ceux qui se confient en l’Éternel sont entrés dans l’arche. Ils ont quitté le lieu de jugement et de mort. Ils cherchent une patrie et s’approchent de la montagne de Sion. Ils sont dans l’allégresse. Ils sont des signes et des présages pour le monde

La fille de Sion a vu son roi plein de douceur. Il est venu de Sion pour détourner les impiétés de Jacob. Il est devenu la pierre angulaire choisie et précieuse en qui croiront les élus. Il est l’Agneau qui se tiendra sur la montagne de Sion. Les voyageurs et étrangers sur la terre se préparent comme une épouse qui s’est parée pour son époux.

Leurs vases sont pleins d’huile. Leurs lampes ne s’éteignent pas quand ils vont à la rencontre de l’époux. Leurs reins sont ceints et leurs lampes sont allumées.

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Le Dr Berreby est Docteur en Théologie et membre du Conseil Doctoral de la Faculté Réformée Américaine. Il exerce essentiellement un ministère d'enseignement en France avec la Fondation Mayane.

 

A Méditer

La crainte de l'Éternel, c'est la haine du mal; L'arrogance et l'orgueil, la voie du mal, (Proverbes 8:13).

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