Je le veux, sois pur Imprimer Email
Écrit par Mickaël Berreby   

" Jésus étendit la main, le toucha, et dit : Je le veux, sois pur. Aussitôt il fut purifié de sa lèpre. " (Matthieu 8:3-4).

Piégés

Notre âge s’offense devant une profession biblique qu’il qualifie de sectaire, refusant que l’Écriture soit la référence unique. S’appuyant sur l’extraordinaire progrès du savoir, il n’envisage pas que la Bible en contienne les origines. Il la catapulte dans les oubliettes des fables mythologiques. Au mieux, il lui attribue une valeur culturelle, mais ne se risque pas à prendre au sérieux ses lois, ses promesses, ses prédictions.

N’a-t-il pas annulé la Parole de Dieu au profit de la tradition ? Ne s’est-il pas laissé entraîner par la philosophie et la vaine tromperie ?

N’a-t-il pas fait le choix de théories contraires à l’Écriture, s’abusant sur l’omnipotent savoir-faire technologique de la science qu’il confronte imprudemment à l’Évangile ?

La Parole exige de devenir « fous » si nous avions été sages selon ce siècle, « afin de devenir sages » (1 Corinthiens 3:18). Elle démasque le dieu de ce siècle mauvais qui aveugle l’intelligence.

Pour mettre en évidence le pouvoir séducteur des engouements, elle cite Démas qui abandonna Paul « par amour pour le siècle présent » (2 Timothée 4:10).

Le Jésus de Paul n’était pas d’en bas, ni de ce monde, mais d’en haut (Jean 8:23). « Cherchez les choses d’en haut », écrivait-il, où Christ est assis (Colossiens 3:1).

Libérés

Paul avait la vision d’un peuple inébranlable dans la foi qui ne se détournait pas de l’Évangile. Son enseignement ambitionnait l’enracinement de l’Eglise dans la vérité de l’Ecriture.

Il voulait présenter à Christ l’Eglise comme une vierge pure. Il savait que dans les derniers temps, la tiédeur éloignerait certains disciples de l’essentiel. Il connaissait la disposition de l’homme à se gérer sans Dieu.

Paul n’ignorait pas les ruses de l’adversaire qui agit par petites insinuations d’apparence innocente. Il n’avait aucun doute sur la capacité de l’adversaire à tromper par l’illusion que l’homme cultive de lui-même. Il avertissait de l’attraction qu’exercent sur chacun de nous les mille distractions légitimes de la vie. Il orientait les siens vers la foi.

Pour illustrer la foi, il prit pour exemple Abraham, qui ne s’arrêta pas à l’état de son corps usé alors qu’il avait près de cent ans quand il entendit la promesse d’un fils (Romains 4:19).

Mais comment s’opposer ainsi à la réalité, au quotidien, à l’évidence, aux contingences, aux circonstances, à la souffrance, à l’échéance de la mort physique ?

Il faut une vision de ce qui va se passer, une assurance quant à la souveraineté de Dieu sur l’histoire, une confiance que les promesses se réaliseront comme celles qui concernaient la venue d’un messie.

Lucide quant aux pièges du raisonnement, Paul exhorta à éviter de discuter sur les opinions devant celui qui est faible dans la foi.

Il sommait les disciples d’être des hommes (1 Corinthiens 16:13).

Il les poussait à s’éprouver pour vérifier que la foi les guidait, à vivre dans la foi au Fils de Dieu, à instruire dans la foi et la vérité, à retenir la Parole de Dieu, à « aimer les serviteurs dans la foi » (Tite 3:15), à terminer sa course dans la foi (Hébreux 11:13).

La foi est un cri d’amour lancé au Père, une disposition à faire sa volonté. La foi est le retour de l’enfant vers son Père qui l’attend pour le guérir.

Fermes

La fermeté consiste à ne pas céder aux modes de pensée de ce siècle, à refuser les lois des hommes, même si ces dernières fonctionnent entre les hommes. Paul soulignait le rôle de la grâce dans notre intelligence spirituelle.

Il annonçait que la création serait affranchie de la servitude de la corruption, qu’elle aurait part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Seule une Église qui s’attend à la délivrance finale vit la délivrance en espérance.

Sa vision d’une Église sainte et irrépréhensible paraît irréelle à ceux qui n’entendent pas sa voix. Car sans la voix de l’Esprit, on erre dans une multitude de théories, de constructions mentales, d’aperçus insensés. Sans la voix créatrice du Saint-Esprit, aucun renouvellement n’est possible. Sans la voix de l’Esprit, on se laisse distraire par la vanité. Car la création a été soumise à la vanité et les pensées de l’homme sont « enflées de vanité » (2 Pierre 2 :18).

Naissance de l’incorruptible

Quand nous avons été régénérés, ce qui est né de Dieu était pur et le restera. Ce qui est né de Dieu triomphe du monde pour cette raison. Ce qui est né de Dieu n’est pas de cette création. Ce qui a été produit est incorruptible, donc pur. Il s’agit de notre esprit régénéré. Il est la nature de Dieu, son être merveilleux, Christ en nous, l’espérance de la gloire. Cette partie est la partie divine qui ne peut connaître la chute, la perdition et le mal. Nous revêtirons l’immortalité. Nous serons vivants pour ne plus jamais mourir. Nous serons vivants en raison de la nature divine qui déjà nous habite. Quand l’Esprit de Dieu a fait sa demeure en nous, notre résurrection a été annoncée.

La trompette sonnera et les morts ressusciteront incorruptibles. Nous serons changés en un clin d’œil.

Quand le souverain pasteur paraîtra, nous obtiendrons la couronne incorruptible de la gloire, en raison de la semence incorruptible par laquelle nous avons été régénérés.

Il fut prophétiquement annoncé que le bien-aimé ne verrait pas la corruption. Le Saint ne pouvait être abandonné dans le séjour des morts. Il devait ressusciter en raison de l’Esprit de sainteté qui annule le pouvoir de la mort. Jésus n’a pas vu la corruption. Ce qui est en vous ne verra pas la corruption. Jésus en vous ne peut jamais connaître la mort. La création est dans la servitude de la mort, sous l’emprise de l’impureté, du mal et de toutes sortes de méchancetés.

Mais ce qui est né de Dieu est pur. Il ne s’agit pas de la chair et du sang qui ne peuvent hériter du royaume de Dieu, mais du Seigneur qui héritera de ce royaume quand vous revêtirez votre domicile céleste. Vous êtes devenus participants à la nature divine. Vous étiez esclaves de la corruption, mais ce qui est né de Dieu en vous a triomphé de la corruption.

Vous n’êtes plus esclaves, mais libres. Vous pouvez invoquer le nom du Seigneur librement.

Déclarés purs

L’espérance de la sainteté habite tous les cœurs des rachetés. Ils sont des nostalgiques de la pureté. Ils entendent la Parole de Dieu qui annonce le jour où s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds, quand éclatera de joie la langue du muet, quand jailliront des eaux dans le désert et des ruisseaux dans la solitude.

Ils veulent emprunter cette voie sur laquelle nul impur ne passera. Ils savent que viendra le jour où une joie éternelle couronnera leur tête, où l’allégresse et la joie s’approcheront, où la douleur fuira.

Quand le peuple vit le Dieu d’Israël, sous ses pieds, c’était comme un ouvrage de saphir transparent, comme le ciel lui-même dans sa pureté. L’un des plus importants prophètes de l’Ancien Testament s’écria qu’il était un homme perdu, dont les lèvres étaient impures. Il ajouta qu’il habitait au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures. Il se sentait environné par l’impureté. Il annoncera au monde quelques-unes des promesses les plus mirifiques que l’Écriture offre à la foi.

Ce prophète annonce l’une des fonctions des sacrificateurs qui enseigneront au peuple de l’Éternel à distinguer ce qui est profane de ce qui est saint, la différence entre ce qui est impur et ce qui est pur.

Cette réalité sera soulignée par Jésus qui, lors du sermon sur la montagne, promet à ceux qui ont le cœur pur qu’ils verront Dieu.

Le pardon de notre péché s’accompagne d’une œuvre de purification de nos pensées. Ceux qui ont le cœur pur verront Dieu. S’il désirait que le lépreux soit purifié de sa lèpre, sa volonté éminente est que nous soyons purifiés de la lèpre du péché, celle qui corrode le cœur de l’homme.

Ceux qui lavent leurs robes ont droit à l’arbre de vie, car ils ont blanchi leurs robes dans le sang de l’Agneau. Purifiés par une eau pure, acquittés de leurs péchés, ils se sont engagés à protéger leur conscience. Ils ont entendu la voix de l’Esprit qui inlassablement sanctifie par la Parole leur être tout entier, l’esprit, l’âme et le corps, en vue de l’avènement du Seigneur.

Puisque tout est sanctifié par la Parole et la prière, ils persévèrent pour que le Seigneur poursuive en eux son œuvre.

Ils veulent être guéris par le Maître. Il lui suffisait de dire au lépreux : « Je le veux, sois pur…»

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Le Dr Berreby est Docteur en Théologie et membre du Conseil Doctoral de la Faculté Réformée Américaine. Il exerce essentiellement un ministère d'enseignement en France avec la Fondation Mayane.


 

 

A Méditer

L'homme de bien obtient la faveur de l'Éternel, Mais l'Éternel condamne celui qui est plein de malice. (Proverbes 12:2).

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