Mes paroles ne passeront point Imprimer Email
Écrit par Mickaël Berreby   

« Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » (Matthieu 24:35).

La foi scripturaire n’est pas négociable

Les lecteurs de la Bible hébraïque connaissaient l’importance de la Parole de Dieu. Ils savaient qu’elle ne serait pas révoquée (Esaïe 45:23).

Ils fondaient leur foi sur le fait qu’elle ne retourne pas à Dieu sans effet, sans avoir exécuté sa volonté et accompli ses desseins (Esaïe 55:11).

Ils proclamaient la promesse que Dieu porterait ses regards sur celui qui craint sa Parole (Esaïe 66:2). Ils partaient du principe que Dieu veille sur sa Parole pour l’exécuter (Jérémie 1:12), et que Dieu met sa Parole dans la bouche de ses serviteurs comme un feu (Jérémie 5:14), comme un marteau qui brise le roc (Jérémie 23:29).

L’Ecriture ne peut être anéantie (Jean 10:35). Elle ne peut être un objet d’interprétation particulière (2 Pierre 1:20).

Les discours enflés de vanité sont dénoncés par l’Ecriture (cf. 2 Pierre 2:18). Nous devons les éviter (1 Timothée 6:20, 2 Timothée 2:16), pour ne pas nous égarer (1 Timothée 1:6), car c’est ainsi que les séducteurs illusionnent leurs proies (Colossiens 2:4). Il suffit d’un peu de levain pour faire lever toute la pâte. Dieu veut une pâte nouvelle, sans levain, sans malice ni méchanceté. L’Evangile “pétrit” des pains sans levain, des pains de la pureté et de la vérité, sans dissimulation, sans calcul,  sans fraude, sans malice.

Jésus attestait l’Ecriture. Sa naissance, sa vie, sa mort, sa résurrection, son message, ses prophéties, tout est scripturaire. L’incarnation fut la prorogation de ce qu’avaient dit les prophètes. N’avaient-ils pas annoncé la venue du Nazaréen ? N’avaient-ils pas désiré voir et entendre le Messie ? 

Tout est écrit d’avance
Dans Matthieu, bien des références attestent de ce principe1.

Tout a été consigné pour notre instruction par les saints prophètes. Jésus est apparu quand les temps étaient accomplis avec une précision exemplaire. Il est le maître du temps qui passe. Les siècles sont des instants fugaces dans son éternité. Chaque seconde est harmonisée par l’omniscience de Dieu. Les temps et les moments sont déterminés par le Père de sa propre autorité.

Avant sa venue, tout était d’avance annoncé dans l’Ecriture. Dieu a connu d’avance ceux qu’il a prédestinés à être semblables à l’image du Fils. Ses vases de miséricorde ont été préparés pour la gloire.

Tout est déjà fixé à l’avance, « parce qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la justice par l’homme qu’il a désigné… » (Actes 17:31).

Quand les temps seront accomplis, le mystère de Dieu s’accomplira (Apocalypse 10:7).

Le sarment ne vit que du Cep

Par sa grâce, ce que l’Esprit daigne révéler est accessible. Quand ce qu’il dit demeure en nous, nous demeurons en lui. Quand nous demeurons en lui, ses paroles nous transforment et nous sanctifient. Pour que sa Parole demeure, il faut croire. En demeurant dans sa Parole, nous sommes ses disciples. Ce qui identifie un disciple, c’est sa foi. On est disciple par la foi. Quand sa Parole demeure en nous, le consolateur, l’Esprit Saint, agit dans notre esprit. La preuve que nous sommes ses disciples est que nous le connaissons. Garder sa Parole atteste de notre amour pour Christ et produit l’amour du Père.

Des fruits seront portés par le sarment qui demeure attaché au cep. Jésus est le cep. Ainsi vivons-nous des paroles du cep.

Bien des sarments sont rejetés et jetés dehors, et ils brûlent. Ils ne sont pas restés attachés au cep. Quand nous sommes en lui, nous pouvons prier. Si nous demeurons dans son amour, notre prière est agréée. Ses commandements sont notre nourriture.

Ses paroles sont un aliment spirituel (1 Corinthiens 10:3), la nourriture solide qui permet de discerner les esprits.

Le Père et le Fils s’installent dans le cœur d’un homme qui garde la Parole. L’antichrist nie le Père et le Fils quand il nie la Parole (1 Jean 2:22). Celui qui nie la doctrine de Christ n’a point Dieu. Celui qui demeure dans l’Ecriture a le Père et le Fils (2 Jean 9). Jean demande à ses lecteurs de ne pas recevoir dans sa maison celui qui nie la Parole, de ne pas le saluer (2 Jean 10). Nous sommes loin de cette radicalité apostolique. Qui aujourd’hui réfute les contradicteurs  (Tite 1:9), afin que le nom de Dieu et la doctrine ne soient pas blasphémés ? Ceux qui enseignent la justice à la multitude brilleront comme la splendeur du ciel, comme les étoiles « à toujours, à perpétuité » (Daniel 12:3), car la Parole était avec Dieu, était Dieu, faite chair, pleine de grâce et de vérité, esprit et vie.

Ne nous attachons pas aux fables qui produisent des discussions vaines que les hommes corrompus affectionnent.

Refusons-les, sachant que des altercations naissent de ces débats insensés et superflus. Comme le précepte est une lampe, sa Parole est une lampe à nos pieds, une lumière sur notre sentier. Le ciel et la terre passeront, mais ses paroles ne passeront pas.

À l’avènement du Fils de l’homme, les temps seront comme du temps de Noé. Jusqu’à ce que le déluge vienne, les hommes ne se doutèrent de rien. Les jours qui précédèrent le déluge, l’insouciance était totale. Quand vint le déluge, il fit périr tous les hommes.

Divinement averti des choses qu’on ne voyait pas encore, Noé était saisi d’une crainte respectueuse, parce qu’il vivait dans la foi.

Sa foi a condamné le monde et fait de lui un héritier. Dieu n’a pas épargné l’ancien monde. Les hommes qui s’exclament : « mangeons et buvons, car demain nous mourrons », estiment qu’après la mort, rien ne sera plus (1 Corinthiens 15:32). Ceci explique leur désinvolture. Ils ne croient pas au jugement. D’autres, « bien qu’ils connaissent le jugement de Dieu » (Romains 1:32), maintiennent leur révolte, ratifient l’iniquité, s’exposent à la colère de Dieu.

L’Ecriture annonce la résurrection « pour le jugement » (Jean 5:29).

Après la mort « vient le jugement » (Hébreux 9:27). Mêmes les anges qui ont péché ont été précipités dans les abîmes de ténèbres (2 Pierre 2:4). Jude 6 les décrit « enchaînés éternellement par les ténèbres ».

Quand le Saint-Esprit fut répandu, certains se moquaient des disciples visités par la gloire (Actes 2:13). À l’annonce de la résurrection des morts, prêchée par Paul, il en fut ainsi.

Quelques-uns se moquèrent (Actes 17:32). Mais on ne se moque pas de Dieu (Galates 6:7). Ne sommes-nous pas tentés parfois de nous détourner de la simplicité à l’égard de Christ ?

Paul s’en inquiétait, faisant mention « d’un autre Evangile » à propos d’un message brouillé (Galates 1:6).

La mise en garde contre les faux prophètes en vêtements de brebis venait d’abord du Seigneur lui-même (Matthieu 7:15).

N’avait-il pas prévenu ses disciples qu’il les envoyait au milieu des loups ? (Matthieu 10:16). Jésus précisa que le loup ravit les brebis et les disperse (Jean 10:12). Paul prédira aux anciens de Millet, qu’il avait fait chercher à Ephèse, que des loups cruels s’introduiraient dans l’Eglise (Actes 20:29). La marche dans le salut suppose de demeurer « fondés et inébranlables » (Colossiens 1:23). Pour que les disciples ne soient pas flottants, emportés à tout vent de doctrine, Jésus a donné des ministères à l’Eglise, apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs (Ephésiens 4:11).

Tous sont appelés à transmettre la Parole, le conseil de Dieu. Comme Jésus, ils enseignent avec autorité et suscitent de la curiosité.

Un ministère a une autorité qu’un scribe n’a pas (Marc 1:22). C’est l’autorité du Saint-Esprit qui ne repose pas sur le savoir, mais sur le mandat. Il commande aux esprits impurs de sortir. Si l’on était frappé de la doctrine du Seigneur, c’était en raison de son autorité (Luc 4:22).

Le disciple discipliné est soumis à une autorité.

Dès qu’il s’en détourne, il suit Satan, le monde des polémiques et de la fausse science (1 Timothée 5:15).

Les lois, les ordres, les statuts, les commandements, tout est résumé dans la Parole faite chair.

« Car en lui vous avez été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance » (1 Corinthiens 1:5).

Notre élection, notre rédemption, notre héritage, notre habitation de Dieu en Esprit, tout subsiste en lui, le reflet de la gloire de Dieu et l’empreinte de sa personne.

Si nous avons honte de lui, il aura honte de nous quand il viendra dans la gloire de son Père. Paul affirmait que l’Evangile était « une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit ». Pour certains, ceux qui périssent, il est encore voilé. Pour d’autres, c’est l’Evangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu. C’est l’Evangile de Dieu et l’Evangile du Fils, dont Paul dira qu’il est « son évangile » (Romains 2:16, 16:25).

Dieu n’a pas honte d’être appelé notre Dieu, car il a de son plan une parfaite connaissance. Il veut faire de l’homme un vase qui le contient.

L’homme contient Dieu. Il a été créé pour contenir Dieu.

Jésus n’a pas honte de nous appeler ses frères. Il est l’auteur de ce merveilleux salut. Nous n’avons pas honte, car nous savons en qui nous avons cru. Nous pourrions estimer que la génération est tellement pécheresse qu’un tel message est démodé. Il n’en est rien. C’est au milieu d’une génération pécheresse qu’il importe de témoigner de Christ.

Nous pourrions penser qu’un âge adultère ne peut être réceptif à l’Evangile. Au contraire, c’est parce qu’il est adultère que seul l’Evangile peut le soustraire à l’influence du mal. Mais nous pouvons altérer sa Parole et rendre un son confus, la déformer en l’adaptant à notre expérience, nos humeurs, nos traditions ou notre culture. C’est là aussi une forme de trahison.

Nous ne pouvons poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ. Nous ne pouvons écouter quelqu’un qui viendrait prêcher un autre Jésus.

La volonté du Père est de nous détacher du siècle mauvais, des influences malsaines, des mentalités permissives. La foi est affermie et fortifiée quand elle est radicale. « Une voix se fit entendre des cieux ». La foi se réfère à la voix.

Sa radicalité résulte d’une écoute, d’une direction, d’une autorité, d’une intention, d’un projet, d’un plan. Ainsi est résumé le miracle de l’Evangile. Une voix se fait entendre.

Celui qui met en pratique ce qu’il entend est un sage qui bâtit sur le roc, car la Parole annoncée par le Seigneur jugera celui qui la refuse. Bien des prophètes et bien des justes auraient souhaité entendre ce que les disciples de Christ entendirent. Les paroles entendues sont devenues esprit et vie. Elles ne passeront pas.

1 - Matthieu 1:22 . Matthieu 2:15. Matthieu 2:17. Matthieu 2:23. Matthieu 3:15. Matthieu 4:14. Matthieu 5:17. Matthieu 8:17. Matthieu 12:17. Matthieu 13:14. Matthieu 13:35. Matthieu 21:4. Matthieu 26:54. Matthieu 26:56. Matthieu 27:9. Matthieu 27:35.

Source: Fondation Mayane. (mayane.org).

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Le Dr Berreby est Docteur en Théologie et membre du Conseil Doctoral de la Faculté Réformée Américaine. Il exerce essentiellement un ministère d'enseignement en France avec la Fondation Mayane.

 

A Méditer

Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité. (Jean 4:23-24).

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