|
« Le ciel et la
terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. » (Matthieu 24:35).
La
foi scripturaire n’est pas négociable
Les
lecteurs de la Bible hébraïque connaissaient l’importance
de la Parole de Dieu. Ils savaient qu’elle ne serait pas révoquée
(Esaïe 45:23).
Ils
fondaient leur foi sur le fait qu’elle ne retourne pas à
Dieu sans effet, sans avoir exécuté sa volonté
et accompli ses desseins (Esaïe 55:11).
Ils
proclamaient la promesse que Dieu porterait ses regards sur celui qui
craint sa Parole (Esaïe 66:2). Ils partaient du principe que
Dieu veille sur sa Parole pour l’exécuter (Jérémie
1:12), et que Dieu met sa Parole dans la bouche de ses serviteurs
comme un feu (Jérémie 5:14), comme un marteau qui brise
le roc (Jérémie 23:29).
L’Ecriture
ne peut être anéantie (Jean 10:35). Elle ne peut être
un objet d’interprétation particulière (2 Pierre
1:20).
Les
discours enflés de vanité sont dénoncés
par l’Ecriture (cf. 2 Pierre 2:18). Nous devons les éviter
(1 Timothée 6:20, 2 Timothée 2:16), pour ne pas nous
égarer (1 Timothée 1:6), car c’est ainsi que les
séducteurs illusionnent leurs proies (Colossiens 2:4). Il
suffit d’un peu de levain pour faire lever toute la pâte.
Dieu veut une pâte nouvelle, sans levain, sans malice ni
méchanceté. L’Evangile “pétrit” des pains
sans levain, des pains de la pureté et de la vérité,
sans dissimulation, sans calcul, sans fraude, sans malice.
Jésus
attestait l’Ecriture. Sa naissance, sa vie, sa mort, sa
résurrection, son message, ses prophéties, tout est
scripturaire. L’incarnation fut la prorogation de ce qu’avaient
dit les prophètes. N’avaient-ils pas annoncé la venue
du Nazaréen ? N’avaient-ils pas désiré
voir et entendre le Messie ?
Tout
est écrit d’avance Dans Matthieu, bien des références attestent de ce
principe1.
Tout
a été consigné pour notre instruction par les
saints prophètes. Jésus est apparu quand les temps
étaient accomplis avec une précision exemplaire. Il est
le maître du temps qui passe. Les siècles sont des
instants fugaces dans son éternité. Chaque seconde est
harmonisée par l’omniscience de Dieu. Les temps et les
moments sont déterminés par le Père de sa propre
autorité.
Avant
sa venue, tout était d’avance annoncé dans
l’Ecriture. Dieu a connu d’avance ceux qu’il a prédestinés
à être semblables à l’image du Fils. Ses vases
de miséricorde ont été préparés
pour la gloire.
Tout
est déjà fixé à l’avance, « parce
qu’il a fixé un jour où il jugera le monde selon la
justice par l’homme qu’il a désigné… »
(Actes 17:31).
Quand
les temps seront accomplis, le mystère de Dieu s’accomplira
(Apocalypse 10:7).
Le
sarment ne vit que du Cep
Par
sa grâce, ce que l’Esprit daigne révéler est
accessible. Quand ce qu’il dit demeure en nous, nous demeurons en
lui. Quand nous demeurons en lui, ses paroles nous transforment et
nous sanctifient. Pour que sa Parole demeure, il faut croire. En
demeurant dans sa Parole, nous sommes ses disciples. Ce qui identifie
un disciple, c’est sa foi. On est disciple par la foi. Quand sa
Parole demeure en nous, le consolateur, l’Esprit Saint, agit dans
notre esprit. La preuve que nous sommes ses disciples est que nous
le connaissons. Garder sa Parole atteste de notre amour pour Christ
et produit l’amour du Père.
Des
fruits seront portés par le sarment qui demeure attaché
au cep. Jésus est le cep. Ainsi vivons-nous des paroles du
cep.
Bien
des sarments sont rejetés et jetés dehors, et ils
brûlent. Ils ne sont pas restés attachés au cep.
Quand nous sommes en lui, nous pouvons prier. Si nous demeurons dans
son amour, notre prière est agréée. Ses
commandements sont notre nourriture.
Ses
paroles sont un aliment spirituel (1 Corinthiens 10:3), la nourriture
solide qui permet de discerner les esprits.
Le
Père et le Fils s’installent dans le cœur d’un homme qui
garde la Parole. L’antichrist nie le Père et le Fils quand
il nie la Parole (1 Jean 2:22). Celui qui nie la doctrine de Christ
n’a point Dieu. Celui qui demeure dans l’Ecriture a le Père
et le Fils (2 Jean 9). Jean demande à ses lecteurs de ne pas
recevoir dans sa maison celui qui nie la Parole, de ne pas le saluer
(2 Jean 10). Nous sommes loin de cette radicalité apostolique.
Qui aujourd’hui réfute les contradicteurs (Tite 1:9),
afin que le nom de Dieu et la doctrine ne soient pas blasphémés ?
Ceux qui enseignent la justice à la multitude brilleront comme
la splendeur du ciel, comme les étoiles « à
toujours, à perpétuité » (Daniel
12:3), car la Parole était avec Dieu, était Dieu, faite
chair, pleine de grâce et de vérité, esprit et
vie.
Ne
nous attachons pas aux fables qui produisent des discussions vaines
que les hommes corrompus affectionnent.
Refusons-les,
sachant que des altercations naissent de ces débats insensés
et superflus. Comme le précepte est
une lampe, sa Parole est une lampe à nos pieds, une lumière
sur notre sentier. Le ciel et la terre passeront, mais ses paroles ne
passeront pas.
À
l’avènement du Fils de l’homme, les temps seront comme du
temps de Noé. Jusqu’à ce que le déluge vienne,
les hommes ne se doutèrent de rien. Les jours qui précédèrent
le déluge, l’insouciance était totale. Quand vint le
déluge, il fit périr tous les hommes.
Divinement
averti des choses qu’on ne voyait pas encore, Noé était
saisi d’une crainte respectueuse, parce qu’il vivait dans la foi.
Sa
foi a condamné le monde et fait de lui un héritier.
Dieu n’a pas épargné l’ancien monde. Les hommes qui
s’exclament : « mangeons et buvons, car demain nous
mourrons », estiment qu’après la mort, rien ne
sera plus (1 Corinthiens 15:32). Ceci explique leur désinvolture.
Ils ne croient pas au jugement. D’autres, « bien qu’ils
connaissent le jugement de Dieu » (Romains 1:32),
maintiennent leur révolte, ratifient l’iniquité,
s’exposent à la colère de Dieu.
L’Ecriture
annonce la résurrection « pour le jugement »
(Jean 5:29).
Après
la mort « vient le jugement » (Hébreux
9:27). Mêmes les anges qui ont péché ont été
précipités dans les abîmes de ténèbres
(2 Pierre 2:4). Jude 6 les décrit « enchaînés
éternellement par les ténèbres ».
Quand
le Saint-Esprit fut répandu, certains se moquaient des
disciples visités par la gloire (Actes 2:13). À
l’annonce de la résurrection des morts, prêchée
par Paul, il en fut ainsi.
Quelques-uns
se moquèrent (Actes 17:32). Mais on ne se moque pas de Dieu
(Galates 6:7). Ne sommes-nous pas tentés parfois de nous
détourner de la simplicité à l’égard de
Christ ?
Paul
s’en inquiétait, faisant mention « d’un autre
Evangile » à propos d’un message brouillé
(Galates 1:6).
La
mise en garde contre les faux prophètes en vêtements de
brebis venait d’abord du Seigneur lui-même (Matthieu 7:15).
N’avait-il
pas prévenu ses disciples qu’il les envoyait au milieu des
loups ? (Matthieu 10:16). Jésus précisa que le
loup ravit les brebis et les disperse (Jean 10:12). Paul prédira
aux anciens de Millet, qu’il avait fait chercher à Ephèse,
que des loups cruels s’introduiraient dans l’Eglise (Actes
20:29). La marche dans le salut suppose de demeurer « fondés
et inébranlables » (Colossiens 1:23). Pour que les
disciples ne soient pas flottants, emportés à tout vent
de doctrine, Jésus a donné des ministères à
l’Eglise, apôtres, prophètes, évangélistes,
pasteurs et docteurs (Ephésiens 4:11).
Tous
sont appelés à transmettre la Parole, le conseil de
Dieu. Comme Jésus, ils enseignent avec autorité et
suscitent de la curiosité.
Un
ministère a une autorité qu’un scribe n’a pas (Marc
1:22). C’est l’autorité du Saint-Esprit qui ne repose pas
sur le savoir, mais sur le mandat. Il commande aux esprits impurs de
sortir. Si l’on était frappé de la doctrine du
Seigneur, c’était en raison de son autorité (Luc
4:22).
Le
disciple discipliné est soumis à une autorité.
Dès
qu’il s’en détourne, il suit Satan, le monde des
polémiques et de la fausse science (1 Timothée 5:15).
Les
lois, les ordres, les statuts, les commandements, tout est résumé
dans la Parole faite chair.
« Car
en lui vous avez été comblés de toutes les
richesses qui concernent la parole et la connaissance » (1
Corinthiens 1:5).
Notre
élection, notre rédemption, notre héritage,
notre habitation de Dieu en Esprit, tout subsiste en lui, le reflet
de la gloire de Dieu et l’empreinte de sa personne.
Si
nous avons honte de lui, il aura honte de nous quand il viendra dans
la gloire de son Père. Paul affirmait que l’Evangile était
« une puissance de Dieu pour le salut de quiconque
croit ». Pour certains, ceux qui périssent, il est
encore voilé. Pour d’autres, c’est l’Evangile de la
gloire de Christ, qui est l’image de Dieu. C’est l’Evangile de
Dieu et l’Evangile du Fils, dont Paul dira qu’il est « son
évangile » (Romains 2:16, 16:25).
Dieu
n’a pas honte d’être appelé notre Dieu, car il a de
son plan une parfaite connaissance. Il veut faire de l’homme un
vase qui le contient.
L’homme
contient Dieu. Il a été créé pour
contenir Dieu.
Jésus
n’a pas honte de nous appeler ses frères. Il est l’auteur
de ce merveilleux salut. Nous n’avons pas honte, car nous savons en
qui nous avons cru. Nous pourrions estimer que la génération
est tellement pécheresse qu’un tel message est démodé.
Il n’en est rien. C’est au milieu d’une génération
pécheresse qu’il importe de témoigner de Christ.
Nous
pourrions penser qu’un âge adultère ne peut être
réceptif à l’Evangile. Au contraire, c’est parce
qu’il est adultère que seul l’Evangile peut le soustraire
à l’influence du mal. Mais nous pouvons altérer sa
Parole et rendre un son confus, la déformer en l’adaptant à
notre expérience, nos humeurs, nos traditions ou notre
culture. C’est là aussi une forme de trahison.
Nous
ne pouvons poser un
autre fondement
que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ.
Nous ne pouvons écouter quelqu’un qui viendrait prêcher
un autre Jésus.
La
volonté du Père est de nous détacher du siècle
mauvais, des influences malsaines, des mentalités permissives.
La foi est affermie et fortifiée quand elle est radicale.
« Une voix se fit entendre des cieux ». La foi
se réfère à la voix.
Sa
radicalité résulte d’une écoute, d’une
direction, d’une autorité, d’une intention, d’un projet,
d’un plan. Ainsi est résumé le miracle de l’Evangile.
Une voix se fait entendre.
Celui
qui met en pratique ce qu’il entend est un sage qui bâtit sur
le roc, car la Parole annoncée par le Seigneur jugera celui
qui la refuse. Bien des prophètes et bien des justes auraient
souhaité entendre ce que les disciples de Christ entendirent.
Les paroles entendues sont devenues esprit et vie. Elles ne passeront
pas.
1 -
Matthieu
1:22 . Matthieu 2:15. Matthieu 2:17. Matthieu 2:23. Matthieu
3:15. Matthieu 4:14. Matthieu 5:17. Matthieu
8:17. Matthieu 12:17. Matthieu 13:14. Matthieu 13:35. Matthieu
21:4. Matthieu 26:54. Matthieu 26:56. Matthieu 27:9. Matthieu 27:35.
Source: Fondation Mayane.
(mayane.org).
____________________________________________
Le Dr
Berreby est Docteur en Théologie et membre du Conseil Doctoral de la Faculté
Réformée Américaine. Il exerce essentiellement un ministère d'enseignement en
France avec la Fondation Mayane.
|