J’ai vaincu le monde Imprimer Email
Écrit par Mickaël Berreby   

« Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde » (Jean 16:33).

Venez à moi

Si nous avons compris que Dieu a parlé par ses prophètes, par son Fils et qu’Il parle par son Esprit répandu dans son Eglise, nous sommes les plus heureux des hommes (cf. 2 Pierre 1:21).

Car la foi, même comme un grain de sénevé, procure la joie qui donne la paix et la pleine satisfaction. La foi bannit la crainte. Elle parle au sycomore qui se déracine et se plante dans la mer. Elle ouvre les secrets de Dieu dans sa Parole. Elle voit l’invisible et comprend l’insondable. Elle rend profond ce que la raison considère superficiel. Elle répand la vie et dispense l’amour. Elle voit le Sauveur, l’Emmanuel, la Lumière et le Semeur, le Rocher de notre salut, le Prince de la Paix et le Roi de gloire. Il nous est fait selon notre foi.

Nous pouvons décider de croire, et « à l’heure même » Dieu agira, guérira, répondra à notre prière et se glorifiera. Jésus priait que la foi de Simon Pierre ne défaille pas et qu’il affermisse ses frères. Le diable sait que si nous croyons, nous serons sauvés. Il tente d’enlever la semence de nos cœurs pour cette unique raison. Il craint la multitude au festin de l’Agneau, les myriades des rachetés célébrant la sainteté de l’Eternel, la louange des vainqueurs à la table du Seigneur. Il sait que si nous croyons, nous serons de ce nombre, dans cette foule immense des élus revêtus de gloire. Tous sont invités à ce festin. Les plus démunis et les plus affaiblis, les plus pauvres et les malades, les affamés et les résignés, les rejetés et les oubliés, tous sont conviés à recevoir le Sauveur. Les perdus et les persécutés seront à la table du Seigneur, revêtus d’un vêtement blanc.

La foi se repose sur les promesses faites aux pères pour devenir en Christ le « Oui » et l’ « Amen » à la gloire de Dieu. Ces promesses purifient et bénissent. Elles ferment la gueule des lions et engloutissent la mort dans la victoire qui triomphe de ce monde... Le monde, c’est le champ. Les fils du royaume sont la bonne semence. Quand le royaume est prêché, le monde est vaincu. Ainsi, les accablés et les surmenés sont invités à venir à Jésus pour qu’Il leur donne du repos. Il nous a promis sa paix qu’Il ne donnera pas comme le monde donne. Ce qu’Il donne est éternel. Ce que le monde procure est souvent déloyal. Dieu ne trompe personne (1 Samuel 15:29, Tite 1:2). Que les malheureux viennent donc au festin du Seigneur, car tout est prêt. Qu’ils viennent sans douter prendre possession de ce qui a été préparé dès avant la fondation du monde.

Abram eut confiance

Le lieu redoutable, la porte des cieux, la maison de Dieu, c’est un lieu de réjouissance. Sa maison est un lieu de prière et non une caverne de voleurs (Luc 19:46). Quand l’Esprit nous amène sur sa montagne sainte, Il nous réjouit dans sa maison de prière, et chacun devient une maison de prière. Cette promesse est pour « toutes les nations » (Marc 11:17). Nous ne sommes la maison de Dieu que si nous retenons la ferme confiance dont nous nous glorifions (Hébreux 3:6). La foi suppose « la liberté de nous approcher de Dieu avec confiance ». La foi s’attend au Dieu-Père, Dieu d’amour fidèle et fiable. La foi ne regarde pas aux tourments du temps présent, mais à la gloire à venir promise. Elle voit Jésus. Elle entend la promesse de l’époux, la voix de l’Esprit comme une voix de tonnerre ou comme un murmure doux et léger. Dieu a parlé et Dieu parle. Peu importe ceux qui doutent. Dieu ne ment pas. Notre joie se trouve dans notre foi. Notre foi se nourrit des promesses. Les promesses entérinent et valident sa Parole. Nous sommes les héritiers qui héritent la vie éternelle. Or nous ne pouvons pas hériter avec le fils de l’esclave. Il faut le chasser (Galates 4:30). En nous vivent deux hommes. Le fils de l’esclave et le fils de la femme libre, l’un abattu et asservi, et l’autre libéré et vainqueur. L’un doit chasser l’autre. « L’esclave ne demeure pas toujours dans la maison ». Seul le fils demeure avec le Père. Le fils qui est né de Dieu demeure dans la présence du Père. L’homme né de Dieu demeure sous l’onction de Dieu, car il est créé pour vivre du Père (Jean 8:35). « Ainsi tu n’es plus esclave mais fils, et si tu es fils, tu es aussi héritier par la grâce de Dieu » (Galates 4:7). Nous sommes nés de sa Parole. Le sang et la volonté de l’homme n’ont rien à voir avec le salut. Nous sommes tous nés à Bethlehem, en Christ, par le pain descendu du ciel pour nous donner la vie. Quand le Sauveur est né, nous sommes nés avec lui pour vivre et voir le royaume. Ce n’était pas la chair, mais l’Esprit. Il est né et venu dans le monde pour que nous entendions sa voix. Il est né sous la loi, mais Il était le premier-né de toute la création, l’image du Dieu invisible qui allait devenir le premier-né d’entre les morts. Dieu a « introduit le premier-né dans le monde » (Hébreux 1:6).

Il a introduit de nouveau dans le monde quelqu’un qui était déjà né, et que tous les anges devaient adorer… Nous sommes l’assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux (Hébreux 12:23). Nous sommes les premiers-nés du Premier-né de toute la création que tous les anges adorent.

« Et ce qui est né de Dieu triomphe du monde… Et le malin ne le touche pas…» (1 Jean 5:18).

Les femmes cherchaient Jésus qui avait été crucifié. Il n’était pas là où elles le cherchaient. Le lieu où Jésus avait été mis était désert. Elles cherchaient parmi les morts celui qui est vivant. En cherchant le Seigneur, nous cherchons le vivant. Nous ne fouillons pas la logique et l’histoire, les appréciations et les théories. Nous cherchons la vie du vivant qui vivifie. Nous ne cherchons pas dans l’espoir de grandir dans la connaissance. Nous cherchons la vie dans sa plénitude, la plénitude de la vie de l’Esprit.

Car l’Esprit est la vie, et les paroles de Christ ne sont que la vie de l’Esprit et l’Esprit plein de sa vie.

La mort règne quand on recherche la justification par les œuvres. S’en tenir à l’apparence serait admettre que l’homme puisse satisfaire Dieu par ses efforts propres. La mort spirituelle enténèbre celui qui s’estime apte à plaire à Dieu par ses propres forces.

Si les œuvres attestent de la foi, la foi précède tout puisque sans elle, nul n’est justifié (cf. Galates 2:16, Jacques 2:24).

La foi seule saisit la vie véritable. « Combats le bon combat de la foi, saisis la vie éternelle… » (1 Timothée 6:12). La vie est à la droite de Dieu. La vie est une position à la droite de Dieu où Christ est assis, ressuscité. Là se trouvent les choses d’en haut, le soleil levant qui visite son peuple, la puissance descendue pour régénérer, Celui qui est au-dessus de tous, qui vient du ciel pour donner la vie au monde. Il est d’en haut. Il ne peut pas appartenir à ce qui est d’en bas. Il est vivant. Il ne peut pas être trouvé parmi les morts. Il est de la Jérusalem libre où les captifs ont été emmenés, là où le Père des lumières règne aux siècles des siècles. Nous cherchons la cité permanente, patrie de l’Agneau, sa gloire et son royaume. Cette cité a de solides fondements, car Dieu en est l’architecte et le constructeur. Elle a été préparée pour ceux qui en sont les citoyens. C’est la montagne de Sion, la Jérusalem céleste, l’Hermon éternel. C’est de là que le reste sauvé par le zèle de l’Eternel des armées sort. C’est la colline, joie de toute la terre, la ville du grand roi.

Cette montagne se réjouit, car les filles de Juda sont dans l’allégresse. Les adoratrices tressaillent de bonheur en raison de la sainteté de Dieu. Un homme ou une femme de Dieu se réjouit de cette réalité spirituelle. Il sait qu’au-delà du visible, une résidence a été préparée. C’est ce lieu qui ne chancelle pas. Il n’a donc plus de crainte.

Joseph ne devait pas craindre de prendre Marie pour épouse. Il entrait ainsi dans la réalisation du plan de Dieu pour l’humanité. Nous ne craignons pas ceux qui tuent le corps mais ne peuvent tuer l’âme, car nous savons que Dieu sauve pour l’éternité. Notre crainte est plutôt qu’à son arrivée, le Seigneur nous trouve ensommeillés et résignés.

Craignons celui qui a le pouvoir de jeter dans la géhenne. Appréhendons de perdre notre âme avec les soucis du siècle, la séduction des richesses et tout ce qui étouffe et rend infructueuse la Parole de Dieu. Redoutons l’invasion des convoitises et des plaisirs de la vie, ces épines du manger et du boire, des excès, des ruses, des doctrines de démons, des discoureurs, des moqueurs, des motifs d’intérêts. Craignons l’influence sournoise de ce monde qui passe, sa convoitise des yeux, de la chair et l’orgueil de la vie, la corruption de l’égarement quand la simplicité du cœur disparaît.

Craignons l’idolâtrie qui fait la guerre à l’âme, l’ignorance qui aveugle, les asservissements de la volupté quand la désobéissance fait renoncer à la prière et à la vigilance. Craignons la force naturelle du vieil homme esclave du péché par nature, l’instinct de l’enfant de colère assailli de mauvaises pensées et d’esprits impurs qui tourmentent pour détruire. Craignons la cupidité et la fraude, le dérèglement et la calomnie, l’orgueil et la folie, l’adultère des inventifs dans le mal et des rebelles dépourvus d’intelligence. Méfions-nous notre propre justice égoïste. Craignons la ruse, les différends, la malice et la dissimulation.

Alors personne ne pourra nous accuser, car nous nous serons accusés nous-mêmes, puis repentis profondément. Notre conscience ne pourra plus rien dire. Elle sera éclairée et sanctifiée par la grâce. « Qui accusera les élus de Dieu ? C’est Dieu qui justifie. » (Romains 8:33). L’accusateur de nos frères, celui qui, jour et nuit, accablait les élus devant notre Dieu sera précipité. Car Dieu fait grâce aux humbles qu’il élève après avoir renversé les puissants de leurs trônes. Il donne du repos à ceux qui l’aiment. Il les installe dans le repos de leurs œuvres qui les suivent. Et comme Dieu s’est reposé de ses œuvres, les consacrés entrent dans ce repos de la foi d’un sabbat éternel réservé au peuple de Dieu. Ils ont cru et sont entrés dans l’espérance de la vie promise dès les temps anciens. Ils ont cru que le Père a envoyé de son sein le Fils de son amour, qu’il est sorti de Dieu avec les paroles reçues de Dieu pour être données aux hommes. Ils n’ont pas vu, mais ils ont cru, et leurs yeux ont été purifiés quand, touchés par les mains de Dieu, la foi est née. Ce que l’œil n’a pas vu a été préparé pour qu’un jour nous voyions face à face. La splendeur de l’Evangile de la gloire de Christ révèle la majesté d’un sanctuaire spirituel. L’homme est alors arraché à l’instant, à la contingence, à l’immédiat, au temporel. Il est transporté dans ce qui l’attend. Car ce qui se voit ne dure qu’un instant. Mais le règne de Dieu est éternel.

Source: Fondation Mayane. (mayane.org).

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Le Dr Berreby est Docteur en Théologie et membre du Conseil Doctoral de la Faculté Réformée Américaine. Il exerce essentiellement un ministère d'enseignement en France avec la Fondation Mayane.


 

A Méditer

Ainsi, que tout homme soit prompt à écouter, lent à parler, lent à se mettre en colère; car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu. (Jacques 1:19-20).

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