Un plein pardon au pire des pécheurs Imprimer Email
Écrit par Jonathan Edwards   
«C'est à cause de ton nom, ô Eternel! que tu pardonneras mon iniquité, car elle est grande» (Psaume 25:1).

A l'évidence, David rédigea ce Psaume en un temps d'affliction et de danger. Ceci apparaît particulièrement aux versets 15 et suivants: «Je tourne constamment les yeux vers l'Eternel, car il fera sortir mes pieds du filet... » Son désarroi l'amène à penser à ses péchés, à les confesser, et à implorer le pardon de Dieu, comme cela est convenable au jour de l'affliction. «Ne te souviens pas des fautes de ma jeunesse ni de mes transgressions», dit-il. «Vois ma misère et ma peine, et pardonne tous mes péchés».

Le texte indique les arguments que le psalmiste utilise pour plaider le pardon.

A cause du nom de Dieu.

II n'a aucun espoir de pardon en vertu d'une quelconque justice ou d'un mérite en lui-même, pour quelque bonne oeuvre accomplie, ou compensation rendue pour ses péchés. Si la justice d'un homme pouvait avoir quelque valeur, David n'était pas des moindres. Mais il implore le pardon de Dieu à cause de son saint nom, pour sa gloire et celle de sa grâce souveraine, ainsi qu'en raison de l'honneur de sa fidélité à l'alliance.

La grandeur de ses péchés.

Il ne plaide pas sa propre justice, ou la petitesse de ses péchés. II ne demande pas le pardon de son iniquité en raison du bien avec lequel il l'a équilibrée. II ne dit pas: «Pardonne mon iniquité, car elle est petite et tu as peu de raison d'être en colère contre moi. Tu peux ne pas tenir compte de mon offense.» II dit au contraire: «Pardonne mon iniquité, car elle est grande.» II plaide la grandeur de son péché et il renforce sa prière en en soulignant le côté haïssable.

Pourquoi pouvait-il donc implorer le pardon?

Parce que la grandeur de son iniquité donnait la mesure de son besoin de pardon, comme s'il avait dit: «Pardonne mon iniquité, car elle est si grande que je ne puis en supporter la punition. Mon péché est si grand que j'ai un absolu besoin de pardon. Je serai dans une misère extrême si tu ne m'accordes le pardon.» La grandeur de ses péchés lui sert à appuyer sa supplication pour le pardon, comme un homme utilise l'importance de la calamité pour implorer de l'aide. Le mendiant quémande son pain en faisant valoir son extrême pauvreté et besoin. Quand un homme en détresse implore la pitié, quelle supplication plus appropriée a-t-il que l'extrémité de son cas? Et Dieu reçoit une telle supplication, car seule la misère de notre cas le touche de compassion envers nous. II ne prend pas pitié des pécheurs en raison de leur dignité, mais parce qu'ils ont besoin de sa pitié. Nous voyons donc ici une grande vérité, à savoir Si véritablement nous venons à Dieu chercher la miséricorde, la grandeur de notre péché ne sera jamais un obstacle au pardon. Sinon, David ne l'aurait jamais utilisée pour implorer le pardon, comme il le fait ici. Mais, certaines étapes nous sont nécessaires afin de vraiment venir à Dieu pour recevoir sa miséricorde.

Une prise de conscience de notre misère et de notre besoin de miséricorde.

L'homme qui ne sent pas sa misère ne peut pas vraiment se tourner vers Dieu pour recevoir sa miséricorde. C'est en effet la notion même de la miséricorde divine, qu'elle est la bonté et la grâce de Dieu envers le misérable. Elle ne peut s'exercer envers un objet sans misère. Parler de miséricorde en l'absence de misère, ou de pitié sans calamité, est une contradiction dans les termes. Ainsi donc personne ne peut se voir comme un légitime objet de miséricorde à moins de se savoir déjà en proie à la misère. Sans ce préalable, il est impossible que l'homme vienne à Dieu pour obtenir miséricorde, II doit avoir conscience de son état d'enfant de colère, de l'opposition de la loi à son égard, et de son exposition à sa malédiction. Les hommes doivent sentir que la colère de Dieu repose sur eux tout le temps où ils demeurent sous la culpabilité du péché. Ils doivent réaliser la gravité de leur état d'objets de la colère de Dieu. II est horrible de l'avoir pour ennemi, et personne ne peut supporter sa colère.

Ils doivent voir que la culpabilité du péché fait d'eux des créatures misérables, quels que soient les plaisirs temporels dont ils jouissent. ils doivent être des créatures misérables, perdues, aussi longtemps que Dieu est en colère contre eux. ils n'ont aucune force, et ils périront éternellement si Dieu ne les secourt. Les hommes doivent voir le total désespoir de leur situation, en dépit de toute aide humaine extérieure, ils se balancent au-dessus de l'abîme d'une misère éternelle, où ils doivent nécessairement tomber, à moins de bénéficier de la miséricorde divine.

Ils ne méritent pas la miséricorde divine.

L'homme qui vient véritablement à Dieu pour recevoir sa miséricorde, s'approche comme un mendiant qui cherche la miséricorde, la grâce souveraine et imméritée, et non comme un créancier qui exige quelque dû. Aussi, doit-il voir que la misère où il repose lui est justement imposée, et que la colère le menace à juste titre. il a mérité que Dieu soit et demeure son ennemi. Dieu serait juste de mettre les menaces de sa loi à exécution, à savoir, de soumettre les hommes à sa colère et à sa malédiction en enfer pour l'éternité. L'homme qui vient d'une manière juste pour obtenir miséricorde ne trouve pas de faute dans la sévérité de Dieu.

Au contraire, il vient dans une conscience de sa totale indignité, comme un condamné, et il se prosterne dans la poussière au pied de la miséricorde.

La miséricorde de Dieu s 'obtient en Jésus-Christ, et par lui seul.

Tout espoir de miséricorde vient de la considération de sa personne, de son oeuvre et de ses souffrances. il n'y a sous le ciel aucun autre nom parmi les hommes que celui de Christ, par lequel nous devions être sauvés. il est le Fils de Dieu, le Sauveur du monde, et son sang purifie de tous péchés. Sa dignité est telle que tout pécheur trouvé en lui peut être tout à fait sauvé et accepté.

il est impossible que quelqu'un vienne chercher miséricorde sans avoir en même temps un espoir de miséricorde. La venue du pécheur à Dieu implique qu'il possède quelque espoir de l'obtenir, sinon il ne prendrait pas la peine de venir. Mais ceux qui viennent d'une manière juste placent tout leur espoir en Christ, dans la pensée de sa rédemption et de la perfection de celle-ci.

Les péchés de ceux qui viennent ainsi à Dieu ne présentent aucun obstacle à leur pardon. La multitude, l'énormité et la gravité de ces péchés ne provoquent pas le moins du monde la réticence de Dieu à les pardonner. Cela ressort des réflexions suivantes:

1. La miséricorde de Dieu suffit au pardon, qu'il s'agisse des plus grands péchés ou des plus petits, car c'est une miséricorde infinie. L'infini se place bien au-dessus de ce qui est grand et de ce qui est petit. Ainsi, dans son infinie grandeur, Dieu surpasse autant les rois que les mendiants, le plus grand ange comme le plus misérable vermisseau. Une mesure infinie ne s'approche pas davantage de l'extrémité de l'infini qu'une autre mesure. Ainsi donc, la miséricorde de Dieu, étant infinie, doit suffire au pardon de tous les péchés comme elle le fait pour un seul. Si le plus petit des péchés n'en est pas au-delà, alors le plus grand non plus, ni même dix mille d'entre eux. Il faut cependant reconnaître que ce point à lui seul ne prouve pas la doctrine. En effet, même si la miséricorde de Dieu suffit autant pour le pardon des grands péchés que pour les autres, il peut y avoir d'autres obstacles. La miséricorde peut suffire, alors que d'autres attributs s'opposent à sa dispensation dans ces cas.

2. L'oeuvre de Christ pour satisfaire la justice offensée de Dieu suffit autant pour ôter la plus grande culpabilité que la plus petite: «Le sang de Jésus... nous purifie de tout péché»; «Quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse» (1 Jean 1:7; Actes 13:39). Si Dieu, qui nous l'affirme, dit la vérité, Christ adonné satisfaction pour tous les péchés, quels qu'ils soient, de ceux qui viennent réellement à Dieu pour recevoir sa miséricorde.

Et si la justice de Dieu a reçu satisfaction, qui nous empêche de croire qu'il accepte de les pardonner? Christ ayant donc donné entière satisfaction pour tous les péchés, ou ayant accompli une satisfaction suffisante pour tous, il est conséquent avec la gloire des attributs divins de pardonner les plus grands péchés de ceux qui viennent à Dieu de la bonne manière pour recevoir le pardon. Dieu peut maintenant les pardonner sans aucun préjudice à l'honneur de sa sainteté.

Celle-ci ne lui permet pas d' accorder la moindre faveur au péché, mais le pousse à témoigner clairement de sa haine à son égard. Mais Christ a donné satisfaction pour le péché, et Dieu peut maintenant aimer le pécheur sans accorder aucune faveur au péché, quelqu'ait pû être la culpabilité de ce pécheur. L'aversion divine du péché s'est manifestée avec clarté et de manière suprême quand Dieu déversa sa colère sur son Fils bien-aimé, lorsque celui-ci se chargea de la culpabilité du péché. La damnation de l'humanité entière pour l'éternité n'en aurait pas donné un aussi grand témoignage.

Dieu peut, à travers Christ, pardonner le plus grand pécheur sans aucun préjudice à l'honneur de sa majesté. Cet honneur exige effectivement une satisfaction. Mais les souffrances de Christ réparent pleinement le tort infligé. Quelle qu'ait été la magnitude du mépris, si un homme d'un honneur aussi grand que celui de Christ se charge de la médiation en faveur du coupable, et souffre à ce point pour lui, cela répare entièrement le préjudice infligé à la Majesté céleste. Les souffrances de Christ apportent une pleine satisfaction à la justice. La justice de Dieu, qui est le suprême Juge et Gouverneur du monde, exige la punition du péché. Le Juge suprême doit juger le monde selon une règle de justice. Dieu ne montre pas de miséricorde en tant que juge, mais comme un souverain. Ainsi, l'exercice souverain de sa miséricorde et de sa justice de juge doivent s'accorder mutuellement.

Ceci s'accomplit par les souffrances de Christ, dans lesquelles le péché est entièrement puni, et la justice satisfaite. «C'est lui que Dieu a destiné à être, par son sang pour ceux qui croiraient, victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu'il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience; il montre ainsi sa justice dans le temps présent, de manière à être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus» (Rom 3:25,26).

La loi ne constitue plus un obstacle sur le chemin du pardon du plus grand péché si les hommes viennent réellement à Dieu pour recevoir sa miséricorde. En effet, Christ a accompli la loi, il en a supporté la malédiction dans ses souffrances: «Christ nous à rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous - car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois» (Gal 3:13).

3. Christ ne refusera pas de sauver les plus grands pécheurs s'ils s'approchent de Dieu de la bonne manière, car ceci est son oeuvre. Il a pour fonction d'être le Sauveur des pécheurs. ll est venu dans le monde pour accomplir cette oeuvre de salut, aussi ne s'y opposera-t-il pas. Il n'est pas venu appeler les justes, mais les pécheurs à la repentance (Mat 9:13). Le péché est précisément le mal auquel il vint apporter un remède. Il ne rejettera donc aucun homme, sur la base de son état de pécheur. Plus cet homme est pécheur, plus il a besoin de Christ. La condition pécheresse de l'homme est la raison même de la venue de Christ dans le monde, afin de les délivrer de cette misère. Plus ils ont de péché, plus ils ont besoin d'en être délivrés. «Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades» (Mat 9:12). Le médecin ne refuse pas de guérir l'homme qui s'adresse à lui parce que celui-ci a grandement besoin de son aide. Quand un médecin plein de compassion vient parmi les malades et les blessés, il ne refuse sûrement pas d'aider, si cela est dans ses capacités, ceux qui ont le plus besoin de guérison.

4. La gloire de la grâce par la rédemption de Christ se trouve ici. Elle suffit au pardon des plus grands pécheurs. Tout le dispositif de la voie du salut vise à glorifier la grâce souveraine de Dieu. Celui-ci a sur le coeur, depuis toute éternité, de glorifier cet attribut. C'est dans ce cadre que le mécanisme du salut des pécheurs par Christ fut conçu. La grandeur de la grâce divine y apparaît très clairement car Dieu, par Christ, sauve les plus grands rebelles.

Plus la culpabilité d'un pécheur est grande, plus la gloire et la merveille de la grâce divine se manifestent dans son pardon. «Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé» (Rom 5:20). L'apôtre, en parlant de la magnitude de son péché, note l'abondance de la grâce qui a pardonné une si grande culpabilité: «Moi qui étais auparavant un blasphémateur. un persécuteur, un homme violent. Mais j'ai obtenu miséricorde, parce que j'agissais par ignorance, dans l'incrédulité; et la grâce de notre Seigneur a surabondé, avec la foi et l'amour qui est en Jésus-Christ» (1 Tim 1:13,14). Le Rédempteur se glorifie, en ce qu'il s'avère suffisant pour racheter les pires pécheurs, en ce que son sang suffit pour laver la plus grande culpabilité, en ce qu'il est capable de sauver parfaitement, et en ce qu'il rachète même de la plus grande misère. Christ se fait un honneur de sauver les plus grands pécheurs, lorsqu'ils viennent à lui, comme c'est l'honneur d'un médecin de guérir les maladies les plus désespérées. Ainsi, Christ désire certainement sauver les plus grands pécheurs quand ils viennent à lui, car il ne rechigne pas à se glorifier et à faire l'éloge de la valeur et de la vertu de son propre sang. Puisqu'il s'est donné ainsi pour le salut des pécheurs, il ne sera pas réticent à montrer sa capacité à les sauver parfaitement.

5. Dieu offre et promet le pardon aux plus grands pécheurs autant qu 'aux autres, s'ils viennent à lui de la bonne manière pour obtenir miséricorde. Les invitations de l'Evangile s'expriment toujours en termes universels: «Quiconque a soif... Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés... Quiconque veut, qu'il vienne.» La voix de la sagesse divine s'adresse aux hommes en général: «Hommes, c'est à vous que je crie, et ma voix s'adresse aux fils de l'homme» (Prov 8:4). Il n'est pas dit «hommes moraux" ou «religieux», mais «hommes, c'est à vous... » C'est ce que Christ promet: «Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi» (Jean 6:37). Et, après sa résurrection, il instruit ses apôtres: «Allez partout dans le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé» (Marc 16:15,16). Ceci correspond aux paroles de l'apôtre: «L'Evangile...a été prêché à toute créature sous le ciel» (Col 1:23). Cette vérité sert à encourager les pécheurs, dont un sentiment de culpabilité accable la conscience, à courir vers Dieu par Christ pour obtenir miséricorde. Si vous allez dans la manière que nous avons décrite, les bras de la miséricorde s'ouvrent pour vous accueillir.

Vous n'avez aucune raison d'hésiter à cause de vos péchés, aussi sales soient-ils. Même si votre âme portait autant de culpabilité que tous les malfaiteurs réunis de ce monde, et tous les damnés de l'enfer, vous n'auriez aucune raison d'effroi, pourvu que vous veniez à Dieu avec la conscience de votre propre bassesse pour chercher le pardon uniquement dans sa miséricorde gratuite en Christ. La magnitude de vos péchés ne serait pas un obstacle à votre pardon. Aussi, si votre âme est affligée, si la crainte de l'enfer vous pèse, vous n'avez aucun besoin de porter ce fardeau et cette peine plus longtemps. Si seulement vous le voulez, vous pouvez librement venir et vous décharger de tous vos fardeaux, les remettre à Christ et vous reposer en lui.

On élève parfois des objections à l'écoute de telles exhortations.

«J'ai passé ma jeunesse et le meilleur de ma vie dans le péché. Je crains que Dieu ne m 'accepte pas car je n 'ai que mon âge avancé à lui offrir. »

Dieu a-t-il dit quelque part qu'il n'accepterait pas les pécheurs âgés qui viennent à lui? II lance des offres et des promesses en termes universels. Y a-t-il une telle exception? Christ dit-il: «Quiconque a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive, excepté les vieux pécheurs»; «Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés (excepté les vieux pécheurs), et je vous donnerai le repos»; «Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi, pourvu qu'il ne soit pas un pécheur âgé»? Avez-vous lu une telle exception quelque part dans la Bible? Pourquoi alors acceptez-vous des exceptions que vous façonnez dans votre propre cerveau, ou que le diable y met plutôt, mais qui n'ont aucun fondement dans la Parole de Dieu? Oui, il est vrai qu'un pécheur âgé désire plus rarement venir que les autres. Mais, s'il vient, il est accepté tout aussi volontiers que n'importe quel autre.

Lorsque Dieu reçoit les jeunes, ne le fait-il pas en vue du service qu'ils lui rendront par la suite? Ou bien, faut-il dire que la jeunesse est plus acceptable que la vieillesse? Vous vous trompez complètement en pensant que Dieu ne vous recevra pas à cause de votre âge avancé, comme si la jeunesse méritait davantage son acceptation. Non, Dieu accepte de recevoir quelqu'un uniquement à cause de Jésus-Christ. Votre vie est presque entièrement vécue, dites-vous, et vous craignez que le meilleur moment pour servir Dieu ne soit passé, ce qui entraînerait son rejet. Comme s'il recevait les hommes à cause du service qu'ils lui rendront après leur conversion! De telles objections reposent sur un esprit pharisaïque. Les hommes ne peuvent se défaire de l'idée que Dieu les reçoit favorablement à cause de quelque bonté ou service venant d'eux-mêmes, déjà réalisés ou prévus de l'être. Oui, ceux qui ont refusé à Dieu leur jeunesse et la meilleure partie de leur vie pour la consacrer au service de Satan pèchent et provoquent terriblement Dieu. Il abandonne très souvent les hommes à la dureté de leur coeur lorsqu'ils avancent en âge. Mais, s'ils sont prêts à se tourner vers Christ dans leur âge avancé, il les reçoit tout autant que n'importe quel autre, car Dieu n'a dans ce domaine de respect que pour Christ et ses mérites.

«J'ai peur d'avoir commis des péchés particuliers aux damnés. J'ai péché contre la lumière et les fortes convictions de ma conscience, avec présomption, et j'ai tant résisté aux impulsions de l'Esprit de Dieu que j 'ai peur d'avoir commis les péchés qu'aucun élu ne commet. Je ne peux imaginer que Dieu laisse celui qu'il envisage de sauver continuer à commettre de tels péchés. »

D'autres diront: «Mon coeur s'est élevé contre Dieu, avec des pensées blasphématoires, un esprit venimeux et malveillant, et j'ai abusé de la miséricorde et des impulsions de l'Esprit, j'ai piétiné le Sauveur, et mes péchés sont caractéristiques des réprouvés.» Aucun péché n'est propre aux damnés sauf celui contre le Saint-Esprit. La Parole de Dieu en indique-t-elle d'autres? Non! Alors, quel fondement avez-vous pour penser une telle chose? Quelle autre règle avons-nous, par laquelle nous puissions juger de telles questions? Si nous nous aventurons au-delà de la Parole, nous errons misérablement dans le noir. Lorsque nous osons aller plus loin dans nos déterminations que la Parole de Dieu, Satan prend la relève et nous entraîne. Vous semble-t-il que de tels péchés sont propres aux damnés, et que Dieu ne peut les pardonner? Mais quelle raison pouvez-vous donner, si la Parole de Dieu ne le révèle pas? Est-ce parce que vous ne pouvez pas voir comment la miséricorde divine suffit, ou comment le sang de Christ purifie de tels péchés présomptueux? Alors, vous n'avez pas encore saisi la grandeur de cette miséricorde, ou la perfection du sang de Christ. Vous ne savez pas jusqu'à quel point s'étend sa vertu.

Certains des élus se sont rendus coupables de toutes sortes de péchés, à l'exception de celui contre le Saint-Esprit. A moins que vous ne soyez coupable de ce péché-là, vous n'avez aucun péché propre aux damnés. Les hommes ont peut-être plus de difficulté à croire, en raison des péchés commis, mais ils ne sont pas moins volontiers pardonnés lorsqu'ils croient. II est vrai que certains pécheurs sont davantage exposés à l'enfer que d'autres. Bien que tous soient en grand danger, certains ont moins de probabilité de parvenir au salut. Ils ont moins de chances de se convertir et de venir à Christ. Mais ceux qui viennent à lui sont tous reçus volontiers. Tout homme a autant d'encouragement à venir à Christ que tout autre. Vous mentionnez effectivement des péchés odieux et provoquants à l'extrême. ils amènent d'une manière particulière l'âme en danger de damnation, où elle risque d'être laissée à la dureté finale du coeur. Dieu abandonne plus souvent les hommes au jugement à cause de la dureté qu'entraînent ces péchés plutôt que d'autres. Pourtant, ils ne sont pas propres aux damnés. Un seul péché l'est, à savoir, celui contre le Saint-Esprit. En dépit des péchés que vous avez commis, si le désir de venir à Christ et de vous approcher de lui se trouve dans votre coeur, vous ne serez pas accepté moins volontiers à cause de ces péchés.

Si Dieu laisse certaines catégories de pécheurs venir plus rarement à Christ que d'autres, cela ne vient pas de l'insuffisance de sa miséricorde ou de la rédemption de Christ pour eux, mais de ce que, dans sa sagesse, il trouve bon de dispenser sa grâce comme une restreinte sur la méchanceté des hommes. II décide aussi d'accorder la grâce de conversion au travers de l'utilisation de moyens parmi lesquels figure une vie morale et religieuse, sensible à la lumière et aux convictions de la conscience. Mais, dès qu'un pécheur veut venir à Christ, la miséricorde lui est aussi accessible qu'elle ne l'est pour un autre. Dieu ne s'arrête pas à ses péchés, quels qu'ils soient, il ne s'en rappelle pas et ne l'en réprimande pas.

«Je préfère attendre de m'être rendu meilleur avant d'oser venir à Christ. J'ai été, et je me vois comme étant encore très mauvais. Mais j'ai l'espoir de m'améliorer. J'aurai alors davantage de courage pour venir demander à Dieu sa miséricorde.»

Vous n'agissez pas sagement. Vous cherchez à vous établir comme votre propre sauveur, à trouver en vous la base sur laquelle Dieu vous recevra plus volontiers. Vous ne cherchez donc pas à être accepté uniquement à cause de Christ. N'est-ce pas là lui dérober la gloire d'être votre unique Sauveur? C'est pourtant la voie par laquelle vous espérez rendre Christ plus enclin à vous sauver. Vous ne pouvez pas venir à Christ du tout sans déjà voir qu'il ne vous recevra pas plus volontiers en raison de quelque oeuvre de votre part. Vous devez tout d'abord réaliser qu'il vous est totalement futile d'essayer de vous rendre meilleur sur une telle base. Vous devez voir l'impossibilité de vous rendre davantage digne, ou moins indigne, par un quelconque acte de votre part.

Si vous voulez véritablement venir à Christ, vous devez voir qu'Il suffit pour votre pardon, aussi mauvais que vous soyez. Si vous ne voyez pas la pleine capacité de Christ à vous pardonner, sans qu'aucune justice de votre cru ne soit nécessaire, vous ne vous approcherez jamais de lui d'une manière acceptable. La voie d'acceptation consiste à venir, non pas en vous reposant sur l'idée d'être parvenu à un état meilleur et moins indigne, mais en vous appuyant sur le seul encouragement de la valeur de Christ et de la miséricorde de Dieu. Si vous venez véritablement à Christ, vous devez venir à lui afin qu'il vous rende meilleur. Vous devez venir comme un patient vient à son médecin, pour être guéri de ses maux. Etalez toute votre méchanceté devant lui, et ne plaidez pas votre bonté. Déclarez votre méchanceté et le besoin qui en résulte.

Ne dites pas: «Pardonne mon iniquité, car elle n'est plus aussi grande», mais avouez avec le psalmiste: «Pardonne mon iniquité, car elle est grande.»

Source: Europresse.org.


 

A Méditer

La religion pure et sans tache, devant Dieu notre Père, consiste à visiter les orphelins et les veuves dans leurs afflictions, et à se préserver des souillures du monde. (Jacques 1:27).

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