|
Vous avez su, en effet, quelle était autrefois ma conduite dans le judaïsme, comment je persécutais à outrance et ravageais l'Église de Dieu, et comment j'étais plus avancé dans le judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d'un zèle excessif pour les traditions de mes pères. Mais, lorsqu'il plut à celui qui m'avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui m'a appelé par sa grâce, de révéler en moi son Fils, afin que je l'annonçasse parmi les païens, aussitôt, je ne consultai ni la chair ni le sang, et je ne montai point à Jérusalem vers ceux qui furent apôtres avant moi, mais je partis pour l'Arabie. Puis je revins encore à Damas. (Galates 1:13-17).
Introduction : Quel que soit le journal que vous lisez, il y a une rubrique à laquelle, pratiquement, vous ne pouvez échapper. C’est la rubrique des petites annonces. Dans cette rubrique où l’on trouve de tout, une place non négligeable est toujours réservée aux annonces ayant pour but de mettre en relation des personnes. Que ce soit sur le plan professionnel ou sentimental, un portrait-robot, ou plutôt un profil de la personne recherchée est dressé, profil qui a pour but de définir le type de personne recherchée pour le poste ou le type de relation souhaités.
Il n’y a pas que dans les journaux que l’on trouve des annonces ayant pour but de mettre en relation des personnes en vue d’un projet commun. A plusieurs reprises, nous trouvons aussi dans la Bible des versets qui paraissent comme des annonce de Dieu dans lesquelles
- Soit il définit le type de personne qu’il cherche pour une mission précise - Soit il dresse le portrait des qualités du candidat qu’il cherche pour un poste précis Exemples :
1) Alors que la corruption, l’injustice, la violence se multiplient en Israël, Dieu fait passer, à travers le prophète Ezéchiel, cette petite annonce parmi Son peuple : Je cherche parmi eux un homme qui construise une clôture, qui se tienne sur la brèche devant moi pour le pays, afin que celui-ci ne soit pas détruit… Mais il constate aussitôt après : mais je n’en ai pas trouvé : Ezéchiel 22,30.
2) Plus tôt, alors qu’Israël désirait un roi comme toutes les nations, Dieu enverra Samuel dans la maison d’Isaï pour y chercher le candidat à la royauté qu’Il cherche. Après avoir vu les 7 premiers fils de la maison, Samuel oindra David à qui Dieu a rendu ce témoignage : J’ai trouvé David, fils d’Isaï, homme selon mon cœur, qui fera toutes mes volontés : Actes 13,22. Même si les siècles ont passé, le désir de Dieu n’a pas changé. La Bible montre que Dieu est toujours à la recherche d’hommes et de femmes avec qui Il désire une relation en vue d’un projet. Ce projet est, dans la Bible, défini de diverses manières. Mais, ce matin, c’est aux mots de Paul que l’on va s’attacher pour essayer de le comprendre. Paul définit, dans le passage que nous avons lu, ce projet par une expression qui, à son sens, définit et résume tout ce que Dieu aimerait faire avec nous, en nous et par nous en nous appelant à la communion avec Lui : Mais quand il a plu à Dieu… de révéler en moi Son Fils pour que je l’annonce… Révéler en moi, en toi, en nous tous Son Fils : tel est le projet de Dieu. Réalisons-nous la grandeur du projet de Dieu avec nous, le risque qu’Il a pris, les faibles moyens dont Il s’est doté pour y parvenir ? Mais le projet de Dieu est inscrit ici noir sur blanc par l’apôtre Paul. Dieu nous a choisi, élu, Il s’est associé à nous en vue d’un but : qu’à travers nous, le Fils, qui, pour un temps a marché et vécu parmi nous et qui est retourné dans la gloire, soit aujourd’hui encore visible, perceptible, accessible au monde. Et pour cela, Il a choisi un moyen : moi, toi, nous tous ensemble, l’Eglise. Tel est le projet de Dieu, Son désir, Sa volonté ! Le projet défini, la question se pose : qu’est ce que Dieu entend par là ? Révéler en nous Son Fils signifie-t-il pour Dieu qu’Il s’attend à ce que nous vivions de la même façon que Jésus, que nous fassions les mêmes œuvres et les mêmes miracles que Jésus ? Ou Dieu a-t-Il autre chose à l’esprit lorsqu’Il nous fait part du projet qu’Il a en vue avec nous ? C’est ce que nous allons essayer de comprendre.
Révéler Jésus :
Un principe : Jean 12,20 à 26. Alors que Jésus est à Jérusalem, capitale juive, et qu’il se rend à la fête de la Pâque, la fête juive par excellence, Il est pour la 1ère fois confronté à la demande de plusieurs personnes non juives, des Grecs, désireux de Le voir. La demande des Grecs, compréhensible au regard de la réputation de Jésus, Lui pose cependant un problème. Car si Jésus est appelé à être connu parmi les nations, ce ne sera qu’après Sa mort, pas avant. Jésus comprend donc, suite à la demande des Grecs, que, contrairement à ce qu’Il a toujours dit jusque là, Son heure, l’heure de Sa mort, est venue. En tant que grain de blé vivant, Jésus ne peut être à plusieurs endroit à la fois : Il ne peut être à la fois avec les Grecs (et chez eux) et avec les Juifs (et chez eux). Mais mort, Il peut, fait-il comprendre, se multiplier, se reproduire dans d’infinies unités semblables à la sienne. La croix, la mort, est le chemin par lequel, de seul qu’Il était, Jésus va entrer dans un processus par lequel Il va se multiplier et répondre ainsi à la demande pressante des Grecs, derrière laquelle Jésus discerne l’appel de toutes les nations. Jésus pose ici un principe : le principe de la multiplication. Un principe qui ne le concerne pas seulement Lui seul, mais tous Ses disciples (de Lui, il passe sans transition à Ses serviteurs : 12,24 à 26.) Ce faisant, Jésus répond à la question que nous nous sommes posés, à savoir : comment Dieu peut-Il révéler à travers nous Son Fils pour que nous l’annoncions aux païens (aux grecs autour de nous, ceux qui sont hors de la communauté et qui s’en approchent) : par le principe de la croix vécue dans nos vies, comme Jésus l’a vécu. Un principe que Paul a parfaitement intégré : Galatiens 2,20.
Une pratique : Le principe posé, il reste maintenant à le pratiquer de manière à ce que, rappelons-le, ce ne soit pas à nous que soient confrontés ceux qui nous côtoient, mais à Christ. Une fois de plus, Paul va nous servir d’exemple. Nous allons voir comment, au travers de deux circonstances, Paul est passé du principe à la pratique concrète de la croix… avec toutes les conséquences et les leçons que l’on peut en tirer :
Actes 16,19 à 25 : un épisode de souffrance. Parlant de sa condition d’enfant de Dieu, Paul se définit en 2 Corinthiens 4,7 comme un vase de terre porteur d’un trésor. Il rappelle ici que ce qui compte dans la vie n’est pas le contenant (lui-même), mais le contenu (Christ). C’est exactement ce principe que Paul a mis en pratique ici. Alors que ses droits de citoyen romain les plus élémentaires sont bafoués, Paul s’attache, avec Silas, son compagnon de captivité, à mettre une seule chose en valeur : le trésor qu’ils contiennent. Vers le milieu de la nuit, alors qu’ils sont blessés et qu’ils auraient toutes les raisons de geindre et de se plaindre, ils prient et se mettent à chanter. Paul refuse de faire porter aux autres le poids des désagréments et de la mauvaise humeur qui devrait normalement l’habiter dans une telle circonstance. Ce faisant, il adopte l’attitude même de Jésus lorsque, sur la croix, Il refusa de se joindre aux cortèges d’insultes habituels des crucifiés qui étaient à côté de Lui : Matthieu 27,44. Parce que Paul et Jésus vivaient selon le principe de la croix, ils refusèrent que la haine, la colère contre les autres et les insultes prennent le pas dans leurs vies sur leur service de Dieu et leur attachement à Sa Personne. Ils acceptèrent le principe selon lequel ce n’était pas le vase qui était précieux (eux-mêmes), mais le trésor qu’il contenait (Christ). Ils acceptèrent que leurs droits les plus élémentaires ne soient pas reconnus, leur dignité bafouée et le respect de leur personne ignoré. Aucun murmure, mais seules des paroles de louange à la gloire de Dieu et de pardon pour leurs ennemis franchirent leurs lèvres. Telle est l’application pratique du principe de la croix que vécurent Paul et Jésus dans la souffrance.
Philippiens 3,10 à 13 : une situation de besoin matériel : Nous sommes ici dans une situation tout autre, mais parfois pas plus facile à vivre que la première : une situation de disette, de pauvreté et de besoin matériel. Paul qui, depuis un moment, n’avait plus rien reçu comme dons pour vivre de la part des églises, reçoit soudain de la part des philippiens une aide concrète. Il s’en réjouit et profite du courrier qu’il leur envoie pour leur faire part de sa reconnaissance. Il tient cependant à préciser une chose : bien que leur aide lui soit précieuse, il tient à témoigner aux philippiens de la pleine satisfaction et suffisance qu’il vit dans sa relation avec Dieu. Leur aide lui fait du bien, mais Paul le précise : son moral n’est pas lié à l’aisance, au confort ou au niveau de vie dans lequel il se trouve. Satisfait en Christ, Paul a appris le contentement. Il ne se trouve ni frustré s’il vient à devoir se priver de quelque chose, ni dépendant lorsqu’il possède plus que le nécessaire. Sa vie, c’est Christ et non ce qui l’entoure. Cette liberté, Paul n’a pu l’acquérir que par l’application dans sa vie d’un seul principe : celui de la croix. Le principe qui dit que ce qui compte n’est pas le statut du vase, porteur du trésor, mais ce qu’il transporte. Christ est-il ma vie ? Comment est-ce que je réagis lorsque, par une circonstance ou une autre, je me trouve dépouillée pour n’avoir plus que Lui ? Me suffit-il ? Qu’est-ce qui me rend le plus malheureux : d’être privé de Lui ou des hochets qui remplissent ma vie ?
Conclusion : Romains 8,28 à 30 : La promesse donnée par Paul en Romains 8,28 a un cadre. Elle n’est pas une garantie que tout ce qui va arriver dans notre vie le sera pour notre confort, mais pour notre bien. Or, ce bien, précise Paul, est l’œuvre de Dieu qui a pour projet de reproduire en nous l’image de Son Fils. Que nous puissions, par Son assistance, entrer avec Lui joyeusement dans la logique de ce projet !
_________________________________________________
Gilles Georgel est pasteur évangélique en Picardie (France) et est marié à Lydia, infirmière. Il est père de cinq enfants. Il l'auteur du livre "Le Grand Visiteur", un livre d'évangélisation sur Jésus. Il est aussi l'auteur du blog chrétien de réflexion et d'apologétique "Pour que tu croies". |