Les Souffrances du Christ Imprimer Email
Écrit par Gilles Georgel   
Commençons-nous de nouveau à nous recommander nous-mêmes? Ou avons-nous besoin, comme quelques-uns, de lettres de recommandation auprès de vous, ou de votre part? C'est vous qui êtes notre lettre, écrite dans nos coeurs, connue et lue de tous les hommes. Vous êtes manifestement une lettre de Christ, écrite, par notre ministère, non avec de l'encre, mais avec l'Esprit du Dieu vivant, non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur les coeurs. Cette assurance-là, nous l'avons par Christ auprès de Dieu. Ce n'est pas à dire que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous-mêmes. Notre capacité, au contraire, vient de Dieu. Il nous a aussi rendus capables d'être ministres d'une nouvelle alliance, non de la lettre, mais de l'esprit; car la lettre tue, mais l'esprit vivifie. Or, si le ministère de la mort, gravé avec des lettres sur des pierres, a été glorieux, au point que les fils d'Israël ne pouvaient fixer les regards sur le visage de Moïse, à cause de la gloire de son visage, bien que cette gloire fût passagère, combien le ministère de l'esprit ne sera-t-il pas plus glorieux! Si le ministère de la condamnation a été glorieux, le ministère de la justice est de beaucoup supérieur en gloire. Et, sous ce rapport, ce qui a été glorieux ne l'a point été, à cause de cette gloire qui lui est supérieure. En effet, si ce qui était passager a été glorieux, ce qui est permanent est bien plus glorieux. (2 Corinthiens 3:1-11).

Introduction : (Actes 9:15-16).

Alors que Saul de Tarse, futur apôtre Paul, était en route vers Damas, respirant encore la haine et le meurtre contre les disciples du Seigneur, le Seigneur Lui-même, l’arrêta. Il l’arrêta, nous l’avons vu, non seulement pour se révéler à lui et le conduire à la foi, mais, bien plus encore, pour amener Saul à quitter sa vie et son programme et devenir Paul, un homme nouveau, soumis désormais à un nouveau programme : celui de Dieu pour lui.

En parlant de ce nouveau programme, il y a un reproche que Paul ne pourra jamais faire au Seigneur. Ce reproche serait celui de lui avoir caché quelque chose de la nature des difficultés auxquelles il devrait s’attendre en devenant Son serviteur. Paul, lui promet Jésus, va devenir un instrument exceptionnel pour Lui. Il va porter Son nom dans des lieux et auprès de personnes qu’aucun autre avant lui n’aura visité. Mais il y a une constante à laquelle Paul doit s’attendre, une compagne fidèle et difficile avec laquelle il devra s ‘habituer à vivre : la souffrance.

La 2ème épître aux corinthiens (et particulièrement le passage que nous venons de lire) est le témoignage que le Seigneur n’a pas menti, mais qu’Il a tenu parole et promesse à Paul. Je dis « parole et promesse », parce que, oui, autant le Seigneur a donné à ceux qui voulaient Le suivre des paroles et des promesses sécurisantes et pleines de richesses (Je suis avec vous tous les jours… Je ne vous abandonnerai pas.. Je vous laisse la paix…) autant Il leur a promis ici-bas souffrances et difficultés sans nombre.

« Nous devons le savoir, dit Michael Green : le Christ, comme tous les grands conducteurs de l’histoire, offre de la peine, des larmes, de la sueur et du sang à ceux qui prennent la route avec lui. » « Quand Jésus appelle quelqu’un, ajoute Dietrich Bonhoeffer, il l’invite à le suivre et à mourir. »

La souffrance étant inévitable, nous ne devons pas penser que chaque souffrance, chaque contrariété que vit le chrétien entre dans la catégorie de souffrances dont parle Jésus : 1 Pierre 4,15-16. Il y a des souffrances dans ma vie qui sont dues à mon péché et mes désobéissances. Elles n’honorent en rien le Seigneur. Puis, il y a celles dues à mon statut de chrétien et de disciples de Christ dans ce monde : celles-ci font partie du programme de Dieu. Ces souffrances, dit Paul, sont celles de Christ : 2 Corinthiens 1,5. Elles sont à ranger dans la catégorie de souffrances que le Christ a aussi vécu comme témoin de Dieu dans un corps humain et dans un monde hostile.

Qu’est ce que souffrir selon le Christ ? Quelle utilité a cette souffrance ? Que produit-elle ? En quoi est-elle nécessaire dans le programme voulu par Christ pour les Siens ? Telles sont les questions que l’on va aborder !

Les souffrances de Christ :


Il est impossible en 10 à 15 mn de faire le tour du catalogue des souffrances vécues par Jésus. En y réfléchissant, j’ai trouvé cependant qu’on pouvait les classer dans 3 ordres ou 3 domaines différents, domaines que l’on retrouve aussi dans la vie de Paul :

les souffrances dues à l’opposition que suscite le message dont le Christ et Paul ont été les porteurs : aspect physique : source l’ennemi.

C’est d’abord de ce type de souffrances dont parle Paul dans 2 Corinthiens 1,8 à 10. Pionnier de l’Evangile dans des contrées totalement païennes, c’est d’abord dans son corps qu’il a été un disciple de Christ dans la souffrance. 2 Corinthiens 11,23 à 27 nous donne un aperçu du vécu de Paul dans ce domaine. Avant l’esprit et l’âme, montre Paul, c’est dans le corps que se vit la première souffrance d’être disciple, témoin et serviteur de Christ. D’où l’idée émise aussi par Pierre en 1 Pierre 4,1 : Ainsi donc, Christ ayant souffert dans la chair, vous aussi armez-vous de la même pensée.

Je tire de ce vécu de l’apôtre (et de Christ) 2 leçons encore valables aujourd’hui :

Un principe général : En tant que disciple de Christ, on ne peut pas suivre un maître crucifié et s’attendre à être traité comme un roi. « S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront, a dit Jésus aux Siens : Jean 15,20.

Une clause particulière : Plus l’objectif de la mission que Dieu nous confie est élevé et déterminant, plus la souffrance en fera partie. Etre pionnier du Christ dans sa famille, son milieu, une région, un pays ne peut qu’être accompagné de dures souffrances (ou de souffrances plus grandes que pour ceux qui vous suivront) : rejet, marginalité, opposition (ceux qui sont au début de l’œuvre pourraient vous en parler).

les souffrances dues à la proximité que Jésus avait avec Ses disciples, des hommes souvent charnels, immatures, décalés par rapport à Lui sur le plan spirituel : aspect moral : source : les hommes.

Entendons-nous bien : Jésus aimait profondément Ses disciples. C’est lui qui les avait choisi et il a pris plus de temps avec eux qu’avec n’importe qui d’autre au monde. Il a fait pour eux des choses que nul autre maître, enseignant, n’a fait : Il a vécu avec eux, il a pourvu à leurs besoins, Il leur a lavé les pieds, Il leur a pardonné maintes fois leur égarement et Il est mort pour eux !

Si l’amour de Jésus n’a jamais fait défaut pour les Siens, il est tout aussi vrai que leur compagnie a aussi souvent été pour eux une cause de souffrance, non plus physique cette fois, mais morale. Combien de fois, en tant que Fils de Dieu, Jésus n’a-t-il pas soupiré du simple fait d’être avec eux et de constater la lenteur avec laquelle ils apprenaient ce qu’Il voulait leur apprendre. Citons quelques-unes des paroles de Jésus les plus évocatrices à ce sujet : : « Jusqu’à quand serais-je avec vous ? Jusqu’à quand vous supporterais-je ? : Matthieu 17,17. « Arrière de moi, Satan ! Tu m’es en scandale ! dira-t-il à Pierre, pourtant un de ses plus proches : Matthieu 16,23. » « Etes-vous encore sans intelligence et ne vous rappelez-vous plus les 5 pains des 5 000 hommes… et les 7 pains des 4 000 hommes… : Matthieu 16,9. »

Bien que Jésus soit physiquement rarement seul, Il l’était cependant souvent à l’intérieur de lui-même. Ses disciples l’accompagnent partout, mais ils sont loin de partager avec lui Ses sentiments et Ses pensées. Il est avec eux et parmi eux comme un maître possédant la connaissance au milieu d’élèves peu doués et lents à comprendre. Edward Bounds, un auteur chrétien, va jusqu’à dire : « La préparation des 12 disciples fut le travail le plus grand, le plus difficile et le plus dur à supporter pour Jésus. » Une difficulté qui ira, ne l’oublions pas, jusqu’au fait d’être trahi et vendu par l’un d’eux.

Loin d’être terminées, ces souffrances particulières du Christ continuent à exister tout le long des siècles. Paul en parle aussi ouvertement dans son épître, suggérant que, de toutes, ce sont celles-ci qui, sur le plan moral également, lui pèsent le plus : 2 Corinthiens 11,28-29. Comme Jésus, Paul connaîtra la trahison d’Alexandre, le forgeron : 2 Timothée 4,4, l’abandon de Démas : 2 Timothée 4,10. Il verra des églises entières qu’il avait implantées se détourner de lui et de son enseignement sous l’influence de faux docteurs, plus préoccupés de leurs intérêts que de celui du troupeau : les galates, les corinthiens… Il connaîtra la solitude, l’abandon, la pauvreté lui qui s’était tant investi pour les autres et leur avait apporté tant de richesses : Philippiens 4,15-16.

De l’exemple du Christ et de Paul dans ce type de souffrances, je voudrais tirer 2 leçons desquelles il nous faut absolument prendre acte si l’on veut avoir une vision lucide et réaliste de l’église :

l’église n’est pas ici-bas la société parfaite à laquelle on pourrait s’attendre. Elle peut, compte tenu du fait qu’elle est constituée d’hommes et de femmes en cours de reconstruction, être à la rigueur la société la plus idéale qu’on puisse trouver. Mais, autant l’église peut être une source de joie, autant, lorsque le péché, les divisions, les fausses doctrines s’y installent, autant elle peut être pour ceux qui l’aiment une source de souffrances immenses. Parce que la relation qui unit les personnes qui font partie de l’église est une relation de cœur, il y a toujours un danger de blessure morale plus grand à vivre dans l’église qu’ailleurs. La loi qui prévaut dans l’église est la même que celle qui prime dans n’importe quelle relation : ce sont des gens qui vous sont les plus proches que proviennent vos plus grandes sources de bonheur que de tristesse. Etre trahi ou déçu par un ennemi est un chose à laquelle on s’attend. Mais l’être, comme Judas pour Jésus, par un ami est l’une des souffrances les plus difficiles à porter.

Qui que nous soyons, quoi que nous ayons faits pour l’Eglise, ce n’est pas d’elle d’abord que nous devons attendre la gratitude pour notre engagement. Jésus comme Paul ont dû se rendre à l’évidence à ce sujet et se défaire de l’idée que le don et l’engagement pour les autres engendrent automatiquement la reconnaissance ou l’adhésion. Cela peut l’être et cela l’est souvent, mais, loin s’en faut, pas toujours. D’où l’invitation répétée de l’apôtre de chercher dans le Seigneur seul sa joie et de s’attendre à Lui seul également pour sa récompense.

Les souffrances dues au ministère et à la réalité du combat spirituel à mener : aspect spirituel : source : Dieu.

Si Jésus a physiquement souffert des coups que Lui ont porté les hommes, moralement de la compagnie décevante des disciples, rien n’a été plus grand dans sa vie que la souffrance qu’Il connaîtra dans son esprit à Gethsémané, au moment où Il devait prendre la décision personnelle de notre salut : Matthieu 26,36 à 43. Cette souffrance, contrairement aux deux précédentes, n’a sa source ni dans le diable, ni dans les hommes, mais en Dieu.

Elle résulte du fardeau écrasant que peut représenter pour l’homme de Dieu la mission que Celui-ci leur confie. Bien que différente, cette souffrance a touché de près tous les hommes de Dieu clés de la Bible et de l’histoire :

- Moïse, le premier, qui, à un certain moment, découragé, demandera à Dieu la grâce de le faire mourir : Nombres 11,10 à 15.

- Elie, le prophète, ensuite, ne supportant plus le fait d’avoir l’impression d’être le seul à nager à contre-courant : 1 Rois 19,4.

- Jésus, mais aussi Paul en souci pour son peuple : Romains 9,1 à 3.

Il faudrait pour être complet parler des moments d’abattement terrible vécus par Luther, des dépressions régulières de Spurgeon, des deuils successifs vécus par Hudson Taylor, de l’oppression ressentie par un James Frazer… Tous ces hommes de Dieu en témoignent : entre toutes, les souffrances spirituelles sont peut-être les plus difficiles à vivre. Car, plus que les autres, elles touches au cœur, à la source même de votre motivation et de votre raison d’être.

Conclusion : les souffrances de Christ:


Etre disciple, c’est partager, dit Paul, les souffrances de Christ. Ces souffrances sont de trois ordres :

- Physiques : le monde ; inspiration : Satan
- Morales : les proches : source : les hommes
- Spirituelles : le fardeau spirituel : la volonté de Dieu.

Nous ne pouvons pas appartenir à Christ sans participer un tant soit peu à ses souffrances. Mais réjouissons-nous aussi, car participer à ses souffrances est la preuve que nous sommes enfants et héritiers de Dieu : Romains 8,14 à 17.

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Gilles Georgel est pasteur évangélique en Picardie (France) et est marié à Lydia, infirmière. Il est père de cinq enfants. Il l'auteur du livre "Le Grand Visiteur", un livre d'évangélisation sur Jésus. Il est aussi l'auteur du blog chrétien de réflexion et d'apologétique "Pour que tu croies".

 

A Méditer

Nous pouvons mieux supporter l'affliction que la prospérité, car dans la prospérité nous oublions Dieu. (Dwight L. Moody).

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