Est-il sensé de nier Dieu et d'attaquer la religion Imprimer Email
Écrit par Christian Bartholmess   
En tout autre temps que le nôtre, cette question même eût été regardée comme une folie, autant que comme un blasphème. Aujourd'hui l'on doit, non seulement la poser, mais la traiter sérieusement; car on en est venu à proclamer la destitution de Dieu, après avoir réclamé l'abolition de la famille et de la propriété. Au milieu de tant de réclamations et de déclamations, après tant d'acclamations, le mot de Dieu n'a plus paru qu'une exclamation vaine.

Dieu, le protecteur des familles, le gardien des biens; Dieu, le refuge des personnes et l'arbitre des États, doit être frappé! il est déclaré, non-seulement un terme vide de sens, une fiction superflue, une invention absurde, mais une superstition nuisible, funeste, plus pernicieuse encore qu'inutile!

Cessez de croire en Dieu, nous dit-on, cessez de le craindre ou de l'aimer, si vous voulez être libre et heureux. La foi en une divinité juste et sainte, toute-puissante, partout et toujours présente, tel est le principal obstacle à votre félicité. Le désir de lui plaire, de lui obéir, l'espoir d'être un jour réuni à lui, avec ceux que vous aimez, dans le sein d'une paix inaltérable, telle est la vraie source de vos maux et de vos erreurs. Pour affranchir les hommes, pour régénérer la société, il importe de chasser incessamment l'idée de Dieu de notre esprit et de notre conscience; il importe de briser ce joug odieux, ce dernier reste d'esclavage; il importe de bannir à jamais ce bourreau de la raison, ce spectre de la conscience, qui nous empêche de parvenir à une indépendance absolue et à un bien-être illimité. Guérissons les peuples de cette vieille et honteuse maladie. Plus on aime l'humanité, plus on doit détester cette idole risible, ce vocable imaginé par les rois et les prêtres, par les tyrans des cours et des sanctuaires pour asservir les nations, pour les maintenir dans une enfance stupide, dans une tutelle sans fin. Le jour où l'on ne daignera plus même siffler le nom de Dieu, plus même le vouer au mépris et à l'anathème; le jour où l'on en aura perdu tout souvenir, ce jour-là, bénissons-le, car, dès lors, plus de misère, plus de guerre ici-bas : tout sera douceur et abondance, tout sera paix et amour. Notre globe, maintenant profanée, désolé, sera redevenu le séjour du pur et universel bonheur, sera devenu le paradis que nous souhaitons!...

Voilà ce que vous entendez prêcher en plusieurs langues, à travers les parties les mieux cultivés de ce globe; voilà les conseils dont l'exécution nous doit procurer toutes les félicités imaginables.

La négation de Dieu, la proscription de la foi, l'athéisme, devient ainsi un service éminent, un bienfait inappréciable : un service, parce que, dit-on, le respect de Dieu et des choses sacrées gêne et comprime l'essor des hommes vers le bien-être; un bienfait, parce que la crainte de Dieu et de la vie future empêche les hommes de faire ou d'éviter beaucoup de choses qu'il leur serait agréable d'éviter ou de faire.

Répondons avant tout à ces deux sophismes.

La religion comprime-t-elle l'essor vers le bien-être, tend-elle à nous maintenir dans la misère?... Ici il s'agit d'abord de savoir à quels moyens vous voulez recourir pour vous élever à la fortune, à la jouissance des biens matériels, pour vous affranchir de la pauvreté. Conseillez-vous des moyens illicites et immoraux, le vol et la fraude, la confiscation et la spoliation, l'usure et l'expropriation, tous les genres d'abus de confiance ou de pouvoir? En ce cas, oui; la pensée de Dieu est une gêne et un obstacle.

Mais ne voulez-vous employer que des moyens légitimes, des ressources pures et honnêtes, la religion ne saurait vous être un embarras. Elle devient, au contraire, elle peut du moins devenir un nouveau motif d'activité, un nouvel aiguillon : l'homme pieux travaille plus, ou mieux, que l'homme dénué de foi et de moeurs, parce qu'il désire acquérir en vue, de donner, pour faire du bien à sa famille, à sa commune, à son église, à quiconque pourrait avoir besoin de son assistance. L'homme pieux redouble d'énergie, parce qu'il aime son prochain, et parce que Dieu a la paresse en une sainte aversion. L'ouvrier vertueux et fidèle rougirait de s'enrichir en dépouillant les riches et en trompant les pauvres. La crainte de Dieu le stimule, au lieu de l'importuner; l'amour de Dieu féconde son travail. Pour lui, Dieu n'est pas un surveillant, un geôlier ; c'est un aide, un compagnon d'oeuvre ; c'est un patron toujours prêt à le soutenir et à le récompenser. La piété et la charité le rendent économe et prudent, laborieux autant que bon, aussi sage que bienfaisant. Le jour du repos, le jour qu'il consacre au Seigneur, le dimanche, il ne le considère pas comme une journée perdue : non, ce jour est de toutes ses journées la plus fertile; ce jour l'empêche de se dissiper le lundi et de dépenser en peu d'heures le produit de la semaine entière; ce jour enfin le remplit de force et de courage pour les travaux de toute la semaine. La religion l'aide donc à parvenir à l'aisance, la miséricorde qu'elle lui recommande éloigne de lui l'indigence, la foi vérifie pour lui et pour sa famille ces paroles infaillibles : A qui cherche premièrement le règne de Dieu et sa justice, toutes choses seront données de surcroît.

La religion nous empêche-t-elle d'agir ou de jouir comme il nous serait agréable d'agir ou de jouir ?...

Nous convenons que ceux qui rapportent tout a l'agrément des sens, au plaisir, aux jouissances matérielles, à l'intérêt personnel, peuvent aisément s'impatienter de ce que l'on cherche encore à subordonner l'agréable au juste et au bien, au saint et au divin. Nous comprenons qu'ils se révoltent, lorsqu'on les invite, au nom d'un Être immatériel et invisible, au nom de joies tout intérieures et spirituelles, à dompter la chair et à vaincre l'égoïsme. Nous concevons qu'ils taxent ces exhortations de stupidité et de tyrannie. Mais un jour ils conviendront à leur tour qu'ils se trompaient sur la nature et la fin de l'homme, sur sa vraie félicité et sur sa vraie liberté; et que ce qu'ils appellent bon aujourd'hui n'est point le véritable bien de l'humanité. ils tomberont d'accord alors avec les serviteurs de Dieu que les inspirations de l'esprit valent mieux que les appétits du corps; que Dieu ne met un frein à nos convoitises que pour nous rendre heureux; que ce qui nous paraît d'abord âcre et amer nous semble doux plus tard; que ce qui est dur et lourd à notre jeunesse devient pour notre âge mûr, pour notre vieillesse, pour notre éternel avenir, un motif de joie, de satisfaction, d'infini contentement.

il n'y a donc aucune raison plausible pour inviter les hommes à proscrire le nom et la pensée de Dieu. il y a mille motifs, au contraire, pour répéter avec le sage : L'insensé seul dit dans son coeur: il n'y a point de Dieu !

Serait-il possible, d'ailleurs, de mettre en pratique une pareille proposition ?

Non, heureusement. Vous aurez beau disserter et disputer contre l'existence de Dieu, déclamer et décréter contre l'adoration de la divinité, démontrer et déclarer que la religion met obstacle et peut-être fin au bonheur des hommes, met le comble à la misère des individus et de la société: en réalité, peu d'auditeurs vous croiront, et Dieu continuera de verser des torrents de bienfaits sur vous et sur ses impuissants blasphémateurs.

C'est que la croyance en Dieu, quoique voilée en nous, quoique si souvent obscurcie par nos péchés, nous est inhérente, nous est naturelle et innée. C'est que la foi religieuse nous est une nécessité intérieure et permanente. C'est que nulle société, si barbare qu'elle soit, ne peut s'en passer. C'est que Dieu est l'Être des êtres, et par excellence nécessaire. Nécessaire à notre vie, à notre coeur, à notre jugement, à notre conscience ! Nécessaire à l'univers qui nous entoure, et dont l'admirable ordre et l'organisation parfaite et le gouvernement harmonieux nous révèlent sans cesse la puissance de son créateur, la sagesse de son ordonnateur, la bonté de son gouverneur! Nécessaire au pays où nous vivons, à l'État dont les éléments et les fondements n'ont d'autre origine ni d'autre garantie que l'auteur des nations, que leur suprême législateur, que leur juge final! Nécessaire à ces espaces immenses où notre terre est comme perdue, à ce temps qui coule et nous entraîne sans relâche, à cette éternité qui nous attend , à tous. ces océans visibles et invisibles où Dieu seul sert de boussole à notre oeil, à notre intelligence! Nécessaire toujours et partout, à tout ce qui est ou passe , à tout ce qui vit, marche, respire, mais principalement aux êtres qui sentent, pensent et veulent, dont l'esprit s'élance par intervalles au delà des horizons terrestres, dont l'âme aspire parfois à une perfection illimitée en connaissance, en dévouement, en sainteté, à une existence sans fin, remplie par un progrès sans bornes! Nécessaire à des coeurs qui ont besoin d'aimer, de se confier en un coeur absolument bon et sage, juste et saint, qui ont besoin d'espérer que ce coeur infiniment charitable se montrera aussi infiniment puissant, pourra et saura ce qu'il voudra, c'est-à-dire, daignera satisfaire leurs légitimes désirs et exaucer leurs ferventes prières !

La preuve que la religion, au lieu d'être une invention inutile et pernicieuse, est une institution souverainement utile et absolument indispensable, l'unique chose nécessaire, c'est que l'on n'a encore rien découvert qui puisse y suppléer, y succéder.

Qu'est-ce qui la remplacerait, qui la supplanterait? Serait-ce le bien-être et l'opulence? Serait-ce le pouvoir et ses honneurs ?

Demandez-le à ceux qui pleurent, à ceux qui ont perdu un parent aimé, un ami chéri, leur père ou leur enfant, leur mère ou leur femme. Il n'est point de richesse, il n'est point de dignité capable de soulager leur douleur, mais il est une puissance capable de les consoler, de les soutenir, de les réjouir même; et cette puissance, c'est ce que vous nous proposez de siffler et de proscrire.

Demandez-le à ceux qui ont des regrets, des remords, des repentirs: et qui de nous n'en a pas? Demandez-le à ceux qui ont à se reprocher quelque sentiment coupable, quelque vile ou criminelle action. Ils sont riches, peut-être, et considérés parmi leurs concitoyens; et cependant ni la fortune ni la gloire ne les empêchent de languir sous le poids de leur conscience. Qui les absoudra, qui leur rendra cette paix de l'âme, sans laquelle il n'est pas de bonheur ? Celui, évidemment, que vous prétendez vouer au mépris et à l'anathème !

Demandez-le à ceux qui doivent quitter ce monde, quitter leur famille, leur carrière, leurs affections; à ceux qui gémissent sur le lit de mort, qui approchent de ce maître-jour, pierre de touche des vies et des caractères, qui voudraient s'en aller en paix, pour le salut de leur âme et l'édification de leurs amis. Qui leur apprendra à mourir noblement, à expirer saintement? Qui sera-ce, si ce n'est Celui que vous traitez de menteur et d'imbécile et que vous invitez, à chercher parmi les bêtes d'autres victimes !

Demandez-le à ceux qui sont en quête du mot de cette énigme antique, que l'on appelle l'existence humaine, à ceux qui sont tourmentés du besoin de savoir d'où ils viennent, ce qu'ils sont, où ils doivent aller; du besoin de savoir ce qu'ils peuvent connaître, ce qu'ils doivent faire, ce qu'ils osent espérer. Ce sont toutefois gens fort instruits, doués de talent et d'esprit. Eh bien, ils vous disent sincèrement: Notre esprit, notre talent, notre instruction, n'ont pas de quoi nous contenter. Une seule chose, une seule conviction nous éclaire et nous tranquillise: c'est la pensée de cet Être dont le règne est fini, selon vous; c'est la persuasion que l'homme descend et dépend de cet Être, qu'il a été fait par lui, qu'il peut apprendre de lui ce qu'il doit devenir; c'est la ferme assurance que cet Être, tout lumière et tout chaleur, veut aussi que nous vivions, maintenant et toujours, en société avec lui, dans une union qui remplisse de lumière notre intelligence et nos coeurs d'une chaleur aussi douce que durable.

Et c'est cette assurance, c'est cet Être que l'on nous représente comme un préjugé funeste, destructif du bonheur individuel, subversif du repos social, abominable et maudit, Et c'est l'empire de cet esprit, et c'est l'influence de ce monde invisible et immortel, que l'on prétend anéantir pour le bien et l'avantage des hommes; que l'on essaye de remplacer par le règne absolu de la matière, du monde palpable et visible, par l'empire des instincts et des appétits physiques, par la souveraineté restaurée de la chair, par le triomphe savamment organisé de la jouissance animale!... Tentative, non stérile, hélas! mais pourtant aussi vaine que déplorable ! Si vous nous ôtez la foi en Dieu, en une divinité toujours bienfaisante, en une paternelle providence, en un protecteur d'une bonté infinie, infinie alors même qu'il frappe et qu'il afflige; si vous enlevez à l'État, à la famille, à la propriété, au travail, l'unique bouclier, l'unique épée qui les défende toujours, ne vous imaginez point que vous nous ayez servis, éclairés, affranchis, enrichis. Non, non: vous aurez fait de nous les plus misérables des créatures, plus misérables que le mouton qui broute l'herbe, que le tigre qui s'abreuve de sang: plus misérables, puisque vous nous aurez isolés et désolés, puisque vous aurez déchiré tous nos liens avec notre céleste consolateur.

Oui, si Dieu n'est plus, s'il est enseveli pour toujours et mort sans devoir ressusciter jamais. si Dieu, a cessé de vivre et de régner, l'homme n'est plus de race divine, et n'est point appelé à rentrer dans le palais de son père. Si Dieu est détrôné et brisé, l'homme n'est plus roi. Si tout, hommes ou choses, personnes et biens, n'est que matière et corps, n'est que chair ou poudre, rien n'est plus sacré, rien n'est plus inviolable. Le saint nom de Dieu rend seul inattaquables et respectables les êtres qui l'invoquent et les objets pour lesquels il est invoqué. Le culte de Dieu est seul propre à couvrir d'une sanction révérée ce que nous sommes et ce que nous avons, l'individu et la chose publique, le foyer privé et la patrie. M'inclinerai-je encore devant un mortel, une fois que j'aurai désappris à m'incliner devant l'Immortel?

Non, l'homme n'est plus un être sociable, dès qu'il n'est plus un être religieux: ce n'est plus alors qu'un animal plus adroit, plus rusé, plus vigoureux peut-être, que les animaux qui l'environnent. Entre lui et ses semblables, il n'y, a, plus de lien suprême, plus d'obligation sérieuse, plus de devoir, plus de motif de reconnaissance ou d'estime, plus de source de désintéressement et de vraie sympathie. Le noeud qui le rattachait au principe de la sympathie et du désintéressement, à la source de la justice et de l'amour, ce noeud a été tranché, brisé, comme s'il n'était qu'une chaîne d'esclave, ou qu'une corde de prison, Quel autre lien peut nous unir encore, peut encore durer? La, force brutale? la force armée ? l'instinct physique ? le calcul ? l'astuce ? l'égoïsme? essayez de bâtir avec de pareils éléments une société solide et libre. Essayez de réunir vos frères au moyen de ce dissolvant universel. Essayez de leur donner ainsi la paix et l'amour, que cette chimie sociale et religieuse, doit leur procurer dans une plénitude et une pureté primitives. Essayez, essayez !...

Non, il nous est impossible de nous écrier avec vous: Dieu, retire-toi ! Quand même nous ne sentirions pas le besoin d'être soutenus et inspirés de ce Dieu que vous vous appliquez à expulser de l'humanité et de l'univers ; quand même nous ne l'aimerions pas, nous ne pourrions partager vos transports. Nous aimons trop les hommes, nous aimons trop nos frères, nous nous aimons trop nous-mêmes, pour nous priver d'un tel appui. Nous sentons trop notre impuissance pour rejeter les secours du Tout-Puissant. Viens ô notre Père, reviens, ô notre Force, voilà ce que nous ne cesserons de demander, et pour nous, et pour notre patrie.

Nous ne pensons donc pas, avec vous, que notre pays est perdu, parce que, çà et là, par intervalles, il croit encore à Dieu et lui obéit encore. Nous périssons, au contraire, qu'il se perdra, s'il ne devient pas plus religieux. Nous ne nous plaindrons pas d'apercevoir encore quelques étincelles de foi, au milieu de nos populations attristées, mais nous nous plaindrons d'en apercevoir un si petit nombre. Nous ne signalerons pas la crainte et l'amour de Dieu comme un obstacle au bonheur public et à une liberté pacifique; nous signalerons la diminution de cette crainte, l'extinction de cet amour, comme la vraie cause des malheurs et des troubles de notre temps. Ce n'est pas la destruction de l'esprit religieux, de l'esprit de prière et de charité, c'est son retour, c'est sa résurrection que nous regarderons comme un moyen, comme le principal moyen de sauver la société.

Sauver la société, en la dépouillant de ce qu'elle a regardé jusqu'à présent comme le salut par excellence; en la détachant de celui qu'elle a jusqu'à présent adoré sous le titre spécial de Sauveur; en maudissant ce libérateur, en l'appelant un imposteur, et en tentant de plonger son oeuvre d'amour dans un éternel néant! Sauver la société, à force de conspuer et d'amortir toutes ces croyances ! consolantes, toutes ces puissances édifiantes, toutes ces vertus régénératrices qui de tout temps ont soutenu et agrandi les nations! Sauver la société, en recommandant au mépris des pauvres et des misérables les préceptes, les conseils, les encouragements, les bénédictions de celui qui était venu pour évangéliser les pauvres et pour guérir les malades! Sauver la société, en l'exhortant à quitter le christianisme pour l'athéisme, à déserter le bon pasteur qui laisse sa vie pour son troupeau, à préférer aux douze Galiléens dont la simple et franche prédication changea le monde, l'armée de Spartacus uniquement occupée à piller, à dévaster, à s'assouvir de débauche et de carnage !

Sauver la société par un tel assemblage de moyens destructeurs et de ressources meurtrières, quelle contradiction! Quelle profonde opposition entre le but et la route! C'est prétendre récolter le calme, après avoir semé des tempêtes. C'est exiger de vifs remerciements de l'homme à qui vous avez crevé les yeux, pour avoir été ainsi prémuni contre certaines maladies auxquelles la vue peut être exposée.

Et supposons que vous parveniez à déraciner de mon coeur la dernière fibre de la piété, que vous n'y laissiez subsister que l'envie de jouir et de dominer : pourrez-vous pleinement satisfaire cette envie? Et si, par vos refus, vous me rendez mille fois plus mécontent que je ne le suis à présent, que me répondrez-vous alors? Que me répondrez-vous, quand je vous accuserai de m'avoir ravi mon unique compensation, mon espérance, mon ciel, mon Dieu? Que me répondrez-vous, lorsque je vous supplierai de me tirer de l'affreuse nuit de mon désespoir? Vous ne pourrez plus étaler devant moi la frêle fantasmagorie de vos promesses illusoires, et vous" n'oserez pas me montrer la croix où fut attaché le Christ une seconde fois par vos mains! Que me répondrez-vous?...

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Christian Bartholmess. (1815-1856).

Christian Bartholmess était professeur de philosophie au séminaire protestant de Strasbourg. Cet article est tiré de son livre: "Il y a Sauveur et Sauveur".

Source: Librairie Chrétienne Regard.
http://www.regard.eu.org/

 

A Méditer

Celui qui aime la correction aime la science; Celui qui hait la réprimande est stupide. (Proverbes 12:1).

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