Et Jésus obligea ses disciples à monter sur une nacelle et à aller avant lui au delà de la mer, vers Bethsaïda, pendant qu'il congédierait la foule; et quand il l'eut congédiée, il s'en alla sur la montagne pour prier. Et, le soir étant venu, la nacelle était au milieu de la mer, et lui seul était à terre; et il vit qu'ils avaient grande peine à ramer, parce que le vent leur était contraire; et environ la quatrième veille de la nuit, il alla vers eux, marchant sur la mer et il voulait les devancer, mais, quand ils le virent marchant sur la mer, ils crurent que c'était un fantôme et ils jetèrent des cris, car ils le voyaient tous et ils étaient troublés, mais Jésus leur parla aussitôt et leur dit - « Rassurez-vous, c'est moi, n'ayez point de peur ! » Et il monta vers eux dans la nacelle et le vent cessa, ce qui augmenta beaucoup leur étonnement et leur admiration. (MARC VI, 45-51 ).
Mes frères, la scène dont vous, venez d'entendre le récit s'est passée à la suite de l'un des jours les plus grands et les plus glorieux du ministère de Jésus-Christ. Le matin même il était entouré d'une foule immense venue de tous les points de la Galilée, et il l'avait nourrie en lui multipliant, le pain, admirable symbole de cet autre miracle par lequel il rassasie en tous lieux, jusqu'à la fin du monde, les milliers d'âmes qui viennent à lui. Quel contraste entre ces deux événements! Là, sur les vertes et riantes collines. qui longent le lac de Tibériade, à la clarté magnifique du soleil d'Orient, une multitude joyeuse, enthousiaste, entoure les disciples et veut couronner leur Maître; ici, à quelques heures de distance, dans la solitude d'une nuit de tempête, sur les flots tourmentés, ces mêmes disciples vont périr et poussent des cris d'épouvante, comme si Dieu les abandonnait.
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